La Côte d’Ivoire souhaite accélérer le développement d’une production nationale de matières premières destinées à l’alimentation animale. Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a appelé les opérateurs économiques à investir dans la production de maïs, de soja et de sources alternatives de protéines afin de réduire la dépendance du pays aux importations.
Cette orientation répond à l’un des principaux défis rencontrés par les entreprises ivoiriennes de l’élevage. Le coût élevé des aliments affecte directement la productivité des exploitations, la rentabilité des éleveurs et le prix final des produits animaux. Cette situation est aggravée par la dépendance aux marchés internationaux et par les difficultés périodiques d’approvisionnement en matières premières.
Pour soutenir les investissements, les pouvoirs publics prévoient notamment de mettre des terres à la disposition des opérateurs intéressés. Les ministères chargés des Ressources animales et de l’Agriculture doivent coordonner leurs interventions afin d’accroître les surfaces consacrées au maïs et au soja, deux ingrédients stratégiques pour la formulation des aliments composés.
Le développement de ces cultures pourrait entraîner, la création d’une chaîne de valeur plus intégrée, allant de la production agricole au stockage, puis à la transformation et à la fabrication d’aliments. Il offrirait également de nouveaux débouchés aux agriculteurs, tout en améliorant la régularité des approvisionnements pour les fabricants.
Le gouvernement entend parallèlement encourager la recherche sur des protéines locales susceptibles de compléter ou de remplacer certains ingrédients importés. La valorisation de écoproduits agricoles, de légumineuses ou d’autres ressources disponibles localement pourrait diversifier les formulations et limiter l’exposition du secteur aux variations des cours internationaux.
La stratégie annoncée associe les enjeux d’approvisionnement à ceux de la biosécurité. Les autorités souhaitent accompagner les producteurs dans l’amélioration De leurs installations, prévenir les épisodes sanitaires entraînant des abattages et renforcer, les capacités nationales de production animale. Cette politique intervient alors que le pays vient également d’annoncer le retour à un taux de TVA de 0 % sur les aliments pour animaux et leurs intrants.
La réussite de cette stratégie dépendra désormais de la mobilisation des investisseurs, de l’accès au foncier, du financement des infrastructures et de la capacité à organiser des filières agricoles suffisamment régulières. Elle ouvre néanmoins des perspectives importantes pour les fournisseurs de semences, d’équipements, de stockage, de transformation et de solutions nutritionnelles.



