Les professionnels de la filière bovine sénégalaise tirent la sonnette d’alarme face à une nouvelle vague de hausse des prix de la viande, observée au lendemain du Grand Magal célébré le 2 août 2026. Sur plusieurs marchés à bétail du pays, notamment à Mbacké, les acteurs constatent une raréfaction des bovins disponibles à la vente, conjuguée à une demande restée soutenue en cette période de forte consommation.
Selon les témoignages recueillis auprès des opérateurs des foirails, les bœufs étaient sensiblement moins nombreux que les années précédentes à l’approche du Magal, contraignant de nombreux acheteurs à se tourner vers l’achat de moutons, dont les prix restaient plus accessibles. Cette tension s’est traduite par une hausse continue des prix à la consommation : le kilogramme de viande de bœuf s’échange désormais à 5000 FCFA, contre 6000 FCFA pour son équivalent en viande de mouton.
Les professionnels du secteur identifient deux causes principales à cette situation : d’une part, la cherté persistante des aliments destinés au bétail, qui pèse directement sur les coûts de production des éleveurs et limite leur capacité à engraisser et maintenir leurs cheptels; d’autre part, une demande structurellement supérieure à l’offre, accentuée par la succession rapprochée de grands événements de forte consommation dans le calendrier national, entre la Tabaski, le Grand Magal et d’autres célébrations religieuses majeures.
Face à ce constat, les acteurs de la filière appellent les pouvoirs publics à agir prioritairement sur les prix des aliments de bétail, dont la baisse permettrait de soulager les charges des éleveurs et, à terme, de stabiliser les prix à la consommation. Ils demandent également un renforcement de la protection du cheptel reproducteur, notamment des génisses, afin de préserver la capacité de renouvellement du cheptel national sur le moyen terme.
Cette situation intervient alors que le gouvernement sénégalais avait déjà été interpellé, lors de la précédente campagne de la Tabaski, sur la même problématique de cherté des intrants d’élevage, sans que la tendance ne se soit véritablement inversée depuis. Les représentants des éleveurs appellent désormais à une réponse structurelle plutôt qu’à des mesures ponctuelles limitées aux périodes de forte demande.



