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La Chine décide de réduire les protéines dans les aliments pour animaux

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La Chine décide de réduire les protéines dans les aliments pour animaux

Au cours des derniers mois, la controverse entourant la Chine et l'augmentation des droits de douane sur le soja n'ont fait que causer des problèmes à la Chine. Maintenant, afin de résoudre ce problème et réduire les coûts, la Chine envisage d'imposer des restrictions sur la quantité de protéine utilisée dans les aliments pour animaux, en particulier pour les porcs et la volaille.

Les agriculteurs et les membres de l'industrie agricole sont toutefois mécontents de cette option, déclarant que cette utilisation pourrait facilement conduire à un bétail moins sain et déficient en protéines. Si ce problème n'est pas réglé rapidement, l'effet domino pourrait alors se déclencher et plus de problèmes en découlerait.

Le dilemme du soja

La Chine se bat maintenant avec ces droits de douane sur le soja, car nous entrons dans la saison des achats, où elle importerait normalement la majorité de son soja.

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis bat son plein depuis avril et les conséquences commencent à poser de graves problèmes à la Chine et aux Etats-Unis. Ces derniers ont mis en oeuvre ces droits de douane pour lutter contre ce que l'on appelle les pratiques commerciales déloyales. Pékin a riposté à cette situation en augmentant également les droits d'importations sur une multitude de produits américains, telles que le coton ou les produits laitiers. Toutefois, cela n'a fait qu'aggraver le problème.

Le président Trump a déclaré que les pressions exercées par ces droits de douane sur la Chine finiraient par l'obliger à traiter les plaintes commerciales des Etats-Unis concernant divers problèmes tels que le vol de propriété intellectuelle. Ce n'est pas la première augmentation des droits de douane à laquelle les Etats-Unis sont mêlés, car Trump a également augmenté les droits de douane pour le fromage provenant du Mexique.

Les prix de la farine de soja chinoise ont grimpé de 20% depuis début juin, pour atteindre un record de 3539 yuans (511$) la tonne. Il n'est pas étonnant qu'il faille réduire les importations, car rien qu'en 2017, la Chine a importé de l'étranger 95 millions de tonnes de soja, dont 70 millions ont été transformées en aliments pour animaux, note Li Defa, du l'Association Chinoise des Aliments pour Animaux. 

'Les substituts de soja seront le choix automatique, compte tenu de la hausse des prix', note Hu Bingchuan, chercheur en agriculture à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales. Cependant, si ceux-ci sont largement utilisés, les prix des substituts pourraient également monter en flèche.

'La consommation de soja peut être réduite car les acheteurs optent pour des substituts plus économiques. Jusqu'à présent, le marché mondial des cultures est resté un marché acheteur. Au cours des dernières décennies, les prix des produits agricoles sont restés stables grâce à une offre suffisante à long terme', a-t-il poursuivi.

Alors que l'Asie s'est quelque peu tournée vers l'importation de soja en provenance d'autres pays, à savoir le Brésil, l'Argentine et l'Inde, cela ne s'est pas révélé être un substitut tout à fait efficace.

Impacts sur les Etats-Unis

S'exprimant lors du séminaire sur la qualité des récoltes, organisé par la US Wheat Association à Londres, le 12 novembre, le vice-président régional M. Ian Flagg, a décrit en détail les problèmes que cette guerre commerciale pose à l'Amérique.

'L'une des conséquences majeures que nous avons est que les Etats-Unis sont conçus pour produire, stocker et stocker beaucoup lorsque le marché nous est favorable. Mais à l'heure actuelle, nous avons tellement de soja, avec un prix comptant très bas, que l'agriculteur peut vendre à perte ou stocker. Et puisqu'il n'y a pas de fin en vue, combien de temps pouvez-vous stocker ? Il est très difficile de prendre des décisions', a déclaré M. Flagg.

Les exportations de soja des Etats-Unis doivent maintenant être considérablement diversifiées, mais cela ne résout pas le problème.

Ian Flagg soupçonne qu'une grande partie de la superficie de soja des Etats-Unis sera remplacée par du blé et du maïs au début de l'année 2019, dans le but de remédier à ce problème.

'Cela cause un gros problème de logistique. La Chine compte pour plus de 50% des exportations de soja. Nous devons augmenter les ventes vers d'autres destinations, mais ce n'est pas suffisant pour remplacer la Chine', a-t-il poursuivi. 'Si le différend commercial persiste, certaines parcelles de soja des Etats-Unis seront remplacées par du maïs et du blé en 2019.'

La solution considérée

L'association chinoise de l'industrie des aliments pour animaux a envisagé une solution à ce problème, consistant à limiter la quantité de protéines brutes et de phosphore dans les aliments pour porcs et poulets de chair à différents stades de croissance. Selon un document publié par l'association sur internet, cette méthode 'réduirait la consommation de matières premières pour la nutrition animale et réduirait la pollution de l'environnement résultant de l'élevage'.

Avant l'élaboration de cela, les directives n'indiquaient que les besoins minimaux en protéines dans les aliments pour animaux, une limite maximale n'étant pas précisée. On estime que cette solution réduira les importations chinoises de soja de 10 millions de tonnes, une économie non négligeable aux vues de cette crise.

Selon les directives proposées, il était conseillé aux éleveurs de nourrir des porcs pesant plus de 100kg avec des aliments contenant entre 10 et 12,5% de protéines. Les experts suggèrent que même ces chiffres sont trop faibles, la plupart des éleveurs nourrissent leurs porcs avec des aliments contenant 13 à 14% de protéines. Li Defa note cependant que des acides aminés artificiels supplémentaires pourraient offrir la même énergie au bétail, à la place des protéines manquantes.

'Si ces nouvelles directives sont appliquées, la quantité de farine de soja dans les aliments pour animaux va baisser, car les niveaux de protéines seraient plafonnés', a déclaré un responsable de l'un des principaux producteurs d'aliments pour animaux en Chine, qui souhaite rester anonyme.

Certaines personnes pensent que la réduction des protéines ne sera pas un problème pour les agriculteurs. Chen Gang, vice-président de l'Association Nationale des Huiles Végétales de Chine, a déclaré que le tourteau de soja n'était que l'unes des nombreuses sources de protéines dans les aliments pour animaux, car il peut être obtenu à partir de grains de canola, de coton, d'arachide ou de tournesol.

Effets de la réduction des protéines

L'Association Chinoise des Aliments pour Animaux a sollicité l'opinion publique sur cette question controversée, qui nécessitera l'approbation du gouvernement avant d'être mise en oeuvre. En réponse à cette suggestion, Pékin a imposé des droits de douane de 25% sur les marchandises américaines représentant 34 milliards de dollars, y compris le soja.

Si ces changements ont lieu, les aliments pour porcs ne coûtera que 30 yuans (4,30$) la tonne, une réduction importante du coût actuel.

Le document officiel de l'association indique que la Chine 'compte depuis trop longtemps sur les importations de protéines végétales, ce qui est devenu un goulot d'étranglement qui entrave le développement de notre industrie de l'alimentation animale et de l'élevage.'

Les experts estiment que les changement entreront bientôt en vigueur et que la plupart des agriculteurs resteront désireux de respecter ces changements afin d'éviter d'autres problèmes au sein du secteur. Quoi que l'avenir réserve, il semble incertain.

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