Au-delà de son marché intérieur en forte croissance, la Côte d’Ivoire consolide son rôle de plateforme régionale pour l’acheminement du blé, de la farine et de leurs dérivés vers les pays de l’hinterland ouest-africain, selon les données de l’USDA relayées par l’Agence Ecofin.
Le port d’Abidjan et ses corridors routiers, qui relient le littoral ivoirien aux pays sahéliens, permettent aux minoteries installées en Côte d’Ivoire d’approvisionner plusieurs marchés voisins en produits transformés à base de blé. Selon l’USDA, les réexportations ivoiriennes de blé et de ses dérivés ont atteint 65 000 tonnes lors de la campagne 2024/2025, en hausse de 18 % par rapport aux 55 000 tonnes enregistrées l’année précédente.
Le Burkina Faso demeure de loin le principal débouché de ces réexportations, absorbant à lui seul 53 000 tonnes, soit 81 % du volume total. Viennent ensuite le Togo, avec 4500 tonnes, le Ghana, avec 3770 tonnes, le Sénégal avec 1200 tonnes, et enfin la Guinée, avec 560 tonnes.
Cette dynamique régionale s’appuie sur la montée en puissance de la filière minotière ivoirienne elle-même, portée par une consommation intérieure de blé en forte progression : celle-ci est passée d’environ 580 000 tonnes lors de la campagne 2022/2023 à 764 000 tonnes en 2025/2026, avec une nouvelle hausse anticipée à 806 000 tonnes pour la campagne 2026/2027. Le blé occupe ainsi une place croissante dans les habitudes alimentaires ivoiriennes, porté par l’urbanisation, la croissance démographique et l’essor de la consommation de pain, de pâtisserie et de biscuiterie – un secteur de la boulangerie qui génère, selon l’USDA, environ 167 millions de dollars de recettes annuelles dans le pays.
Le secteur minotière ivoirien s’appuie sur trois acteurs industriels majeurs : Les Grands Moulins d’Abidjan (GMA), filiale du groupe américain Seaboard Corporation, qui exploite deux unités à Abidjan et à San Pedro; Les Moulins de Côte d’Ivoire (LMCI), appartenant au groupe ivoirien AVOS; et Les Moulins Modernes de Côte d’Ivoire (MMCI), détenus par le conglomérat Carré d’Or. GMA et MMCI disposent chacune d’une capacité nominale de broyage d’environ 300 000 tonnes par an, tandis que LMCI exploite une capacité d’environ 90 000 tonnes annuelles, portant la capacité théorique totale du secteur à environ 690 000 tonnes par an.
Cette position de carrefour régional, combinée à plusieurs projets d’investissement récemment annoncés dans le secteur – dont le complexe meunier du groupe turc Alapala pour le minotière Moulin Sako et le projet du groupe Koira porté par Cessé Komé – confirme l’ambition de la Côte d’Ivoire de se positionner durablement comme un hub de transformation et de distribution du blé pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.



