Plusieurs élevages laitiers de la région Auvergne-Rhône-Alpes font face à une contamination inhabituelle de leurs silos de maïs par des aflatoxines, un phénomène directement lié aux conditions de chaleur et de stress hydrique exceptionnelles de l’été 2026.
Selon un conseiller technique intervenant dans la zone concernée, une citerne testée positive aux aflatoxines a dû être détruite dans la région. La contamination provient de silos de maïs récoltés cette année, que les éleveurs ont récemment ouverts pour l’alimentation de leurs troupeaux. Face à cette découverte, les élevages concernés par la tournée de contrôle ont dû faire procéder à des analyses complémentaires sur l’ensemble de leurs stocks fourragers : ensilage de maïs plante entière, maïs grain, maïs épi, ainsi que leurs stocks de tourteau de soja.
Habituellement, la présence d’aflatoxines dans le maïs reste rare en France, contrairement à d’autres régions du monde plus exposées à ce risque sanitaire. Les aflatoxines sont produites par des champignons du genre Aspergillus, et plus particulièrement Aspergillus flavus, qui se développent préférentiellement sur le maïs au champ lorsque les cultures sont soumises à un stress hydrique important durant leur cycle de développement. Ces moisissures thermophiles atteignent leur croissance et leur germination optimales autour de 33°C, des températures qui ont été largement dépassées lors des épisodes caniculaires successifs de l’été 2026, créant des conditions particulièrement favorables à leur prolifération, tant au champ qu’au stockage.
Ce cas s’inscrit dans un contexte plus large de vigilance accrue sur la qualité sanitaire des récoltes 2026, fortement marquées par les conséquences de la sécheresse. Si l’Observatoire des mycotoxines avait globalement livré, mi-septembre, des résultats rassurants sur le risque mycotoxines dans les ensilages de maïs à l’échelle nationale, cet épisode rhônalpin rappelle que des foyers localisés de contamination, parfois sévères, peuvent survenir en dehors des tendances générales, justifiant une vigilance particulière des éleveurs sur l’ensemble du territoire, notamment dans les zones les plus touchées par le déficit hydrique estival.
Les professionnels de la filière recommandent aux éleveurs concernés de poursuivre une surveillance rapprochée de leurs stocks fourragers et de faire procéder à des analyses systématiques en cas de doute, les aflatoxines présentant un risque sanitaire significatif tant pour la santé animale que, potentiellement pour la chaîne alimentaire.



