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Septembre 2026

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L’édition de septembre 2026 de Milling and Grain place la minoterie et l’alimentation animale au cœur des enjeux qui traversent aujourd’hui les filières céréalières francophones. Après une campagne marquée par des conditions climatiques difficiles et des récoltes contrastées, fabricants d’aliments, meuniers, organismes stocker et éleveurs doivent composer avec une disponibilité moindre malgré une qualité au rendez-vous d’après les premiers résultats de la moisson. Ce numéro montre comment la nutrition de précision, la maîtrise sanitaire, l’automatisation et une meilleure valorisation des grains peuvent aider les industriels à préserver leurs performances. Il accompagnera également notre présence au SPACE de Rennes, rendez-vous incontournable de l’élevage mondial et lieu privilégié de rencontre avec nos lecteurs francophones.

Des céréales à valoriser avec précision

Les premières évaluations de la récolte française 2026 mettent en évidence une campagne particulièrement contrastée. Les céréales à paille ont été moins sévèrement touchées que les cultures d’été, mais les volumes restent en retrait par rapport à l’année précédente. La production de blé tendre est estimée à moins de 32 millions de tonnes, après un hiver parfois trop humide, suivi d’un printemps sec et de plusieurs épisodes de chaleur. Les premiers résultats disponibles laissent néanmoins entrevoir des caractéristiques qualitatives intéressantes dans de nombreuses régions. Pour la meunerie comme pour l’alimentation animale, cette combinaison entre recul des volumes et diversité qualitative rend indispensables l’analyse, le classement et l’allotement précis des grains.

La situation du maïs appelle une vigilance encore plus grande. La récolte française de maïs grain est provisoirement estimée à environ neuf millions de tonnes, ce qui pourrait représenter son niveau le plus faible depuis 1980. La diminution des surfaces, la sécheresse persistante et les températures élevées enregistrées pendant la période critique de floraison ont fortement pesé sur le potentiel des cultures. Pour les fabricants d’aliments, cette contraction pourrait modifier les équilibres de formulation, renforcer la concurrence entre les différents débouchés et accroître l’intérêt d’autres céréales, des écoproduits et des matières premières disponibles localement. La qualité sanitaire des lots, notamment au regard du risque lié aux mycotoxines, devra également rester au premier plan.

Dans ce contexte, chaque grain doit être orienté vers l’usage qui permettra d’en tirer la meilleure valeur. Les blés répondant aux exigences technologiques de la meunerie devront être identifiés rapidement, tandis que les lots fourragers pourront contribuer plus largement aux besoins de l’alimentation animale. FranceAgriMer prévoit ainsi que cinq millions de tonnes de blé tendre pourraient être destinées à la fabrication française d’aliments du bétail au cours de la campagne 2026-2027. L’utilisation de l’orge par ce secteur pourrait également progresser. Ces évolutions rapprochent encore davantage les métiers de la collecte, de la meunerie et de la nutrition animale, qui partagent désormais les mêmes besoins de caractérisation, de traçabilité et de flexibilité industrielle.

Les technologies présentées dans ce numéro illustrent la manière dont les outils industriels peuvent répondre à cette variabilité. L’automatisation, l’analyse rapide des matières premières, le suivi numérique des procédés et les équipements de broyage à haute efficacité permettent d’adapter les productions plus rapidement tout en réduisant les consommations d’énergie et les pertes. Dans une minoterie, cette précision améliore la régularité des farines et la valorisation de chaque lot. Dans une usine d’aliments, elle facilite les changements de recettes, la maîtrise de la granulométrie et la stabilité nutritionnelle. La transformation moderne ne repose donc plus uniquement sur la capacité de production, mais sur l’aptitude à comprendre et à piloter chaque étape du procédé.

La résilience de l’alimentation animale exige un nouvel équilibre

Pour les fabricants d’aliments, la résilience ne constitue plus seulement à sécuriser des volumes de matières premières. Elle suppose également de trouver le juste équilibre entre disponibilité, coût, valeur nutritionnelle, sécurité sanitaire et empreinte environnementale. Au premier trimestre 2026, la production française d’aliments composés pour animaux de ferme a diminué de 1,1 % par rapport à la même période de 2025, tandis que leurs prix ont poursuivi leur baisse sur un an. Les incorporations de blé fourrager et de tourteaux de colza ont progressé, portées par une évolution de leurs prix plus favorable que celle d’autres matières premières. Ces changements montrent combien les formules doivent pouvoir évoluer rapidement, sans compromettre les performances zootechniques ni la régularité de l’aliment fini.

Les articles de cette édition consacrés à la santé intestinale, à la biodisponibilité des nutriments et à la maîtrise des mycotoxines témoignent de cette évolution vers une nutrition plus précise. La composition théorique d’une formule ne suffit pas à garantir son efficacité. La variabilité des grains, la finesse de broyage, l’homogénéité du mélange, le conditionnement thermique et la qualité de la granulation influencent directement la digestibilité et la réponse des animaux. En associant expertise nutritionnelle, connaissance des matières premières et maîtrise des procédés, l’industrie peut améliorer simultanément l’efficacité alimentaire, la santé animale et l’utilisation des ressources. L’avenir appartient à des solutions ciblées, capables de produire des résultats mesurables à l’échelle de l’usine comme de l’élevage.

Du grain à la mangeoire

Le stockage et la manutention occupent également une place importante dans ce numéro, car la valeur nutritionnelle d’une céréale ne peut être préservée sans une gestion rigoureuse après la récolte. Température, humidité, ventilation et durée de conservation peuvent modifier la qualité technologique et sanitaire d’un lot bien avant son arrivée dans l’usine. Pour le fabricant d’aliments, prévenir les échauffements, les moisissures, les infestations et les contaminations croisées constitue donc la première étape de toute stratégie nutritionnelle efficace. Réduire les pertes après récolte permet aussi de mieux utiliser les ressources disponibles et de renforcer la sécurité d’approvisionnement des filières francophones.

La sécurité des installations constitue l’autre dimension essentielle de cette maîtrise. Les poussières générées lors du déchargement, du transfert, du broyage et du dosage présentent des risques pour les opérateurs comme pour la continuité de la production. Une aspiration correctement dimensionnée, une filtration performante et une maintenance régulière contribuent à protéger les sites tout en maintenant leur efficacité. Ces dispositifs améliorent également la propreté des lignes, limitent les contaminations et facilitent la régularité des fabrications. Dans les moulins comme dans les usines d’aliments, la performance industrielle ne peut être dissociée de la sécurité des personnes, des équipements et des produits.

Ces sujets trouveront un écho particulier au SPACE, dont la 40e édition se déroulera du 15 au 17 septembre 2026 au Parc-Expo de Rennes. Ce salon mondial constitue un lieu privilégié de dialogue entre fabricants d’aliments, nutritionnistes, équipementiers, chercheurs, vétérinaires et éleveurs. Les innovations présentées cette année mettent notamment en avant le numérique, l’intelligence artificielle, la santé animale et la biosécurité. Elles montrent que l’avenir de l’élevage se construira grâce à une approche des usines, la précision de l’alimentation et les résultats obtenus sur le terrain. Nous sommes heureux de diffuser ce numéro auprès des visiteurs du SPACE et d’y retrouver les professionnels qui font vivre les filières francophones de l’alimentation animale.

Un défi commun

Toutes ces évolutions répondent finalement à un même défi : produire des aliments sûrs, performants et accessibles avec des ressources plus variables et plus contraintes. L’automatisation, l’analyse en temps réel, la nutrition de précision et l’amélioration du stockage offrent des réponses concrètes, mais leur efficacité dépend de la capacité des différents acteurs à partager leurs connaissances. Agriculteurs, organismes stockeurs, meuniers, fabricants d’aliments et éleveurs appartiennent à une même chaîne. Une décision prise au champ ou au silo peut avoir des conséquences directes sur le fonctionnement de l’usine, la valeur d’une formule et les performances des animaux.

Ce numéro montre que la compétitivité future des filières céréalières et animales ne sera pas définie uniquement par les volumes produits. Elle dépendra de l’intelligence avec laquelle les matières premières seront sélectionnées, conservées, transformées et formulées. Face aux aléas climatiques et aux marchés instables, les entreprises les plus résiliantes seront celles qui associeront souplesse industrielle, expertise nutritionnelle, sécurité sanitaire et utilisation responsable des ressources. Le message est clair : mieux connaître nos grains, mieux maîtriser nos procédés et mieux nourrir les animaux sont désormais les trois dimensions d’une même ambition.

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