La Coopération Agricole tire la sonnette d’alarme après un été 2026 hors norme et réclame un plan d’investissement de 30 milliards d’euros
À l’occasion de sa traditionnelle conférence de rentrée, tenue le 1er septembre 2026, La Coopération Agricole (LCA) a dressé un bilan alarmant des conséquences de l’été 2026 sur l’appareil productif agricole et agroalimentaire français, et a formulé une demande d’investissement massif pour préparer l’avenir de la filière.
Un été 2026 hors norme
Jean-Luc Duval, agriculteur dans l’Orne et nouveau président de La Coopération Agricole, a dressé le bilan d’un été marqué par 52 jours de vagues de chaleur et 67 départements placés en situation de crise sécheresse, un épisode inédit qui n’a épargné, selon ses mots, aucun territoire ni aucune filière. Cette crise climatique s’est traduite par des récoltes parmi les plus faibles jamais enregistrées : recul de 20 % pour le blé dur, de 45 % pour le maïs grain, jusqu’à 100 % de pertes sur certains cultures maraîchères comme les haricots vers, et une collecte laitière en repli de 10 à 20 %
Les coopératives, “amortisseurs” d’une crise systémique
Devant la presse, Jean-Luc Duval a résumé la situation par une formule marquante : les coopératives agissent comme des amortisseurs du système agricole et agroalimentaire français, mais certains de ces amortisseurs sont aujourd’hui usés. Les coopératives investissent déjà 3,5 milliards d’euros chaque année dans les territoires, dont 80% consacrés à la compétitivité et aux transitions. Pour LCA, cet effort doit désormais être doublé afin de faire face aux transformations rendues visibles par le choc climatique de l’été.
Un plan Souveraineté alimentaire chiffré à 30 milliards d’euros
La Coopération Agricole appelle à la mise en place d’un plan d’investissement dédié à la souveraineté alimentaire, estimé à 30 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2035 pour l’ensemble de l’appareil productif agroalimentaire français. Au sein de cette enveloppe, la seule filière céréalière nécessiterait 4,3 milliards d’euros pour la rénovation et la modernisation de ses silos et infrastructures logistiques, un montant qui fait écho au plan “Infrastructures 2030” déjà présenté en février 2026 lors du Salon de l’agriculture.
Une conférence de rentrée sous le signe de l’urgence
Cette prise de parole intervient à quelques jours de la présentation, par le gouvernement, d’un plan sécheresse-canicule attendu par l’ensemble de la profession agricole. Florence Pradier, directrice de LCA, et Mickaël Marcerou, vice-président du Cogeca, ont tous deux insisté sur la nécessité de ne pas laisser les coopératives en marge du diagnostic gouvernemental, alors que la crise climatique de l’été 2026 a mis en lumière la fragilité structurelle de l’appareil productif agricole et agroalimentaire national face aux aléas climatiques à venir.



