Aviculture : la flambée du coût de l’alimentation animale met la filière sous tension
Le coût de l’alimentation animale destinée aux élevages avicoles français connaît une envolée spectaculaire depuis le printemps 2026, sous l’effet conjugué de la sécheresse historique qui a frappé les récoltes de céréales et des tensions géopolitiques ayant perturbé le marché mondial des acides aminés. Cette double pression pèse directement sur les coûts de production des éleveurs de volailles.
Blé et maïs, principales composantes des rations, en forte hausse
Le blé et le maïs, qui constituent l’essentiel des rations destinées aux volailles, ont enregistré des hausses de prix respectives de 30 % et 55 % entre mars et septembre 2026. Cette flambée résulte directement de la sécheresse exceptionnelle qui a marqué l’été 2026 en France, avec des rendements de maïs grain en net recul et une qualité nutritionnelle des récoltes également affectée. Les volumes récoltés sont attendus au plus bas depuis 1980 selon plusieurs analystes du marché, une situation qui pèse durablement sur les cours.
La méthionine, additif stratégique, en tension extrême
Au-delà des matières premières céréalières, c’est la méthionine qui inquiète le plus les fabricants d’aliments composés. Cet acide aminé, largement utilisé dans les formulations avicoles car il constitue le premier acide aminé limitant pour la croissance des volailles, a vu son prix progresser jusqu’à 90 % sur la période. Cette envolée est directement liée aux perturbations d’approvisionnement provoquées par la guerre en Iran, qui a fragilisé les chaînes de production et de logistique mondiales de cet additif stratégique. Une carence en méthionine dans la ration limite la synthèse des protéines chez l’animal et peut freiner sa croissance, ce qui oblige les fabricants d’aliments à sécuriser coûte que coûte leur approvisionnement, souvent à des prix élevés.
Une incertitude qui pèse sur les prochains mois
Si la baisse des récoltes est déjà largement intégrée dans les cours actuels des céréales, l’évolution des approvisionnements reste soumise à une forte incertitude, notamment liée à l’issue des négociations entre les États-Unis, l’Ukraine et la Russie concernant les flux céréaliers en mer Noire. La qualité nutritionnelle du maïs, les volumes récoltés au niveau européen et l’entrée en vigueur, en janvier 2027, du règlement européen contre la déforestation importée (RDUE) pour le soja constituent autant de facteurs susceptibles d’accentuer encore la pression sur les coûts d’alimentation des élevages avicoles dans les mois à venir.
Des répercussions sur toute la chaîne de valeur
Cette hausse des coûts de production intervient à un moment déjà tendu pour la filière avicole française, confrontée par ailleurs à la pression concurrentielle des importations et aux exigences croissantes de durabilité. Les opérateurs de la filière (fabricants d’aliments, éleveurs, groupements de production) devront arbitrer entre répercussion des coûts sur les prix de vente et maintien de leur compétitivité, dans un contexte de marché mondial des matières premières agricoles toujours marqué par une forte volatilité.



