L’unique minoterie d’Islande, exploitée par Kornax, va être démantelée après ce week-end, ce qui suscite des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire du pays. Sa fermeture rendra l’Islande dépendante des importations de farine prémoulue, dont la durée de conservation est plus courte que celle des céréales complètes.
La minoterie, située à Sundahöfn, à Reykjavik, est contrainte de quitter ses locaux après la résiliation de son bail par Faxaflóahafnir, l’autorité portuaire. Le site sera réaffecté à ‘dautres usages commerciaux et sa démolition devrait commencer prochainement. Malgré les efforts déployés pour relocaliser ses activités, Kornax n’a pas pu obtenir les permis nécessaires pour un déménagement à Grundartangi, un site industriel au nord-ouest de la capitale.
Rannveig Hrólfsdóttir, responsable qualité de Kornax, a exprimé sa frustration face aux cinq années de lutte pour obtenir un permis, citant des demandes refusées de contourner les obstacles réglementaires. Elle a souligné que le système de production de l’entreprise est entièrement clos et équipé d’une filtration avancée pour répondre aux préoccupations concernant les émissions.
Les experts en sécurité alimentaire tirent la sonnette d’alarme concernant la fermeture du moulin. Helgi Eyleifur Þorvaldsson, professeur adjoint à l’Université agricole d’Islande, a décrit le moulin comme une infrastructure essentielle pour le pays. Il a averti que sans moulin fonctionnel, l’Islande perdrait sa capacité à stocker des céréales non moulues, dont la durée de conservation est bien plus longue que celle de la farine.
Þorvaldsson a critiqué l’inaction du gouvernement, soulignant que les pays voisins soutiennent activement les entreprises pour sécuriser leur approvisionnement alimentaire dans un contexte d’instabilité mondiale. Il a appelé à une plus grande implication du gouvernement dans le maintien de la capacité de mouture de l’Islande.
En réponse, la ministre de l’Industrie, Hanna Katrín Friðriksson, a reconnu l’examen en cours des problèmes de sécurité alimentaire, mais n’a pas pris l’engagement d’une intervention immédiate du gouvernement pour empêcher la fermeture de l’usine. Elle a déclaré que l’examen ne serait probablement pas terminé avant le démantèlement de l’usine, le 1er avril.
Le gouvernement est soumis à une pression croissante pour agir et veiller à ce que l’approvisionnement alimentaire du pays ne soit pas compromis par la perte de cette infrastructure vitale.