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Nourrir l’Europe : L’importance des protéines animales

Appel des filières animales aux institutions européennes

L’agriculture européenne est reconnue mondialement pour son efficacité, son rôle crucial dans la sécurité alimentaire et sa capacité à innover et à relever les défis environnementaux grâce à des solutions équilibrées et durables. L’élevage, comme le reconnaît la récente “Vision for Agriculture and Food”, est un élément essentiel de l’agriculture européenne, partageant le même cycle naturel, auquel il apporte des bénéfices importants qu’il convient de valoriser pleinement et de libérer afin de renforcer la biodiversité et la vitalité économique et sociale des zones rurales. La production agroalimentaire repose sur une intégration constante entre les productions animale et végétale, deux systèmes étroitement liés sur le plan de la production et complémentaires sur le plan nutritionnel.

La stratégie européenne pour l’alimentation, et notamment la production de protéines, doit garantir un équilibre entre les différentes sources afin de garantir la sécurité alimentaire, la santé publique et la durabilité des systèmes de production et des systèmes économiques et sociaux. Une approche trop déséquilibrée privilégiant les protéines végétales au détriment des protéines animales risque de perturber cet équilibre et de nuire potentiellement à la sécurité alimentaire et à la santé.

Les filières animales appellent la Commission européenne à élaborer une stratégie alimentaire européenne globale qui soutienne la diversité de la production agricole, notamment l’élevage, la polyculture et les méthodes d’intensification durable optimisant l’efficacité des ressources sans compromettre la sécurité alimentaire ni les moyens de subsistance en milieu rural.

Pourquoi soutenir un plan d’action valorisant les protéines animales ?

1) Menace pour la sécurité alimentaire et la suffisance nutritionnelle

  • La viande, les produits laitiers et les œufs doivent être valorisés, les préjugés néfastes doivent être évités et des recommandations alimentaires fondées sur des données scientifiques solides doivent être promues afin de protéger les consommateurs et les producteurs.
  • L’élevage joue un rôle crucial dans les systèmes agricoles circulaires, exploitant des terres marginales impropres à la culture, transformant 86 % des sous-produits non comestibles en protéines de haute qualité et fournissant des nutriments essentiels difficiles à obtenir exclusivement par une alimentation végétale.
  • Des données scientifiques confirment l’importance des aliments d’origine animale pour la santé humaine, en particulier pour les populations vulnérables telles que les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de carences nutritionnelles.
  • Les carences nutritionnelles et l’augmentation des maladies cardiométaboliques représentent un défi mondial exacerbé par un accès limité à des nutriments de qualité. Des politiques alimentaires inadaptées pourraient aggraver ce phénomène, avec de graves conséquences pour la santé publique.

2) Impact économique et social sur les agriculteurs européens

  • Une transition forcée, qui éloignerait l’agriculture animale du système de production et d’alimentation, aurait des conséquences dévastatrices pour les zones rurales, en particulier dans de nombreuses régions européennes où l’élevage constitue un pilier économique et social important.
  • Les agriculteurs européens investissent depuis des années dans l’innovation, l’agriculture de précision et l’élevage régénératif afin de promouvoir une production équilibrée et durable, garantissant une alimentation saine et de qualité, tout en luttant contre la prolifération des aliments ultra-transformés. Pour poursuivre sur cette voie, ils ont besoin de politiques de soutien efficaces.
  • Réduire la production nationale de produits animaux, alors que la demande est en hausse, favoriserait les importations, entraînant non seulement une perte de compétitivité pour les agriculteurs européens, mais aussi une augmentation des émissions mondiales, les GES n’étant pas soumis aux frontières.

3) Durabilité environnementale : reconnaître la complexité des systèmes agro-élevage

  • Reconnaître les réalisations constantes et significatives des agriculteurs en matière de promotion d’une production de plus en plus durable, en évitant les biais idéologiques qui mettent en péril l’élevage et favorisent injustement les alternatives végétales ou leurs prétendus substituts.
  • Lors de l’évaluation de l’impact global de la production animale, il est essentiel de soutenir des évaluations environnementales scientifiquement fondées, prenant en compte l’ensemble du cycle de vie des produits, plutôt que de promouvoir des discours biaisés qui ignorent la contribution d’une production animale bien gérée à la durabilité.
  • Les analyses du cycle de vie (ACV) montrent que les pratiques d’élevage innovantes, l’agriculture de précision et les systèmes d’élevage basés sur les pâturages améliorent la fertilité des sols, favorisent la séquestration du carbone et préservent la biodiversité. L’hypothèse selon laquelle une transition vers une alimentation exclusivement végétale réduirait automatiquement l’empreinte environnementale est une fausse idée.
  • Contrairement aux gaz à effet de serre d’origine fossile, qui persistent dans l’atmosphère pendant des siècles, le méthane produit par les ruminants disparaît en une décennie. Il est essentiel de reconnaître cette différence pour définir des politiques environnementales équilibrées, fondées sur des preuves scientifiques, et d’éviter les simplifications excessives qui favorisent des solutions unilatérales, comme l’augmentation inconsidérée de la consommation d’aliments d’origine végétale sans évaluation exhaustive de l’impact environnemental.
  • L’élevage utilise des terres non agricoles et est complémentaire d’autres types de production agricole; Par conséquent, une approche différenciée est nécessaire, plutôt que de comparer directement différents systèmes sans tenir compte de leurs spécificités et de leurs contributions.
  • En agriculture biologique, le seul engrais autorisé par la réglementation est d’origine naturelle, issu du bétail. Le bétail joue donc un rôle crucial. Le fumier, et plus particulièrement le digestat, nourrit naturellement les sols, éliminant ainsi le recours aux engrais chimiques. Par conséquent, la réduction de l’élevage entraîne une diminution de la disponibilité des engrais naturels, ce qui accroît le recours aux engrais chimiques.

L’Europe doit soutenir un système alimentaire diversifié et résilient, intégrant harmonieusement les production végétales et animales. C’est la seule façon d’atteindre une véritable durabilité, garantissant la sécurité alimentaire et favorisant la prospérité des agriculteurs et des consommateurs. Cette stratégie s’appuie sur des données scientifiques solides et des méthodes expérimentales, prenant en compte les conséquences imprévues des politiques idéologiques de ces dernières années, qui ont affaibli la compétitivité européenne, accru l’inflation et appauvri le secteur agricole.

Nous exhortons donc les décideurs politiques européens à :

  • Élaborer une stratégie alimentaire européenne globale, fondée sur la méthode scientifique de l’expérimentation, intégrant l’agriculture et l’élevage, tout en garantissant un traitement équitable pour tous les secteurs agricoles.
  • Soutenir des évaluations environnementales scientifiquement fondées qui prennent en compte l’ensemble du cycle de vie des produits alimentaires, en évitant les interprétations trompeuses qui pénalisent injustement l’élevage, encouragent potentiellement les importations et augmentent ainsi les émissions.
  • Soutenir des évaluations nutritionnelles scientifiquement fondées qui confirment l’importance des aliments d’origine animale pour la santé humaine, en particulier pour les populations vulnérables telles que les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de carences nutritionnelles.

Nous appelons la Commission européenne à fonder sa future politique alimentaire sur la méthode scientifique de l’expérimentation, en s’éloignant des approches idéologiques aux conséquences imprévues et qui risquent de compromettre la compétitivité et la résilience du système agroalimentaire. C’est la seule façon de garantir une alimentation saine, équilibrée et durable aux citoyens européens et internationaux à long terme.

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