Ce communiqué est une adaptation d’un article technique publié par ARVALIS – Institut du végétal, institut technique agricole spécialisé notamment dans les céréales.
Dans un contexte marqué par la sécheresse estivale et le niveau élevé du prix des engrais azotés, les couverts végétaux intégrant des légumineuses peuvent constituer un levier intéressant pour réduire les besoins en fertilisation. Leur réussite reste toutefois fortement conditionnée par la date de semis et par la disponibilité en eau.
Selon les recommandations présentées par ARVALIS, au 20 août, il n’est généralement plus astronomiquement justifié de semer des couverts comprenant des légumineuses, à l’exception de certaines situations particulières dans le grand quart sud-ouest de la France.
Sur un sol très sec, une pluviométrie d’au moins 25 millimètres est habituellement nécessaire pour permettre une levée satisfaisante. Or, même en présence de précipitation tardives, les légumineuses semées après le 15 ou le 20 août disposent souvent de trop peu de temps pour atteindre une développement significative avant l’hiver. Le même constat s’applique aux espèces très sensibles au gel, comme le tournesol ou le niger.
Lorsque la destruction du couvert est prévue entre novembre et février, le semis tardif d’un mélange post-moisson intégrant des légumineuses apparait donc rarement justifié sur les plans technique et économique. Dans la mesure du possible, ARVALIS recommande de privilégier des couverts moins coûteux et vigoureux, implantés après une quantité de pluie suffisante.
Les crucifères, notamment les moutardes et les radis, constituent de bons candidats pour de semis réalisés entre la fin du mois d’août et le début du mois de septembre. La phacélie, le seigle et l’avoine peuvent également conserver un intérêt à cette période.
Une exception dans le grand Sud-Ouest
La situation est différente dans le grand quart sud-ouest de la France lorsque le couvert peut être maintenu jusqu’à la fin mars ou au début du mois d’avril, avant une culture de printemps semée tardivement. ans ces conditions, une association d’espèces peut encore être implantée jusqu’au 15 ou au 30 septembre, voire jusqu’au 15 octobre dans le Béarn.
Le mélange devra alors réunir des espèces capables de poursuivre leur croissance pendant l’automne et l’hiver, puis de se développer fortement en mars. Il pourra notamment associer une céréale d’hiver ou de la phacélie à des légumineuses d’hiver telles que la féverole, le pois ou le trèfle incarnat.
L’ajout de crucifères demeure possible, mais appelle à la prudence avant une culture de maïs : leur destruction tardive peut accroître les risques de rougissement de la culture suivante.
Enfin, ARVALIS rappelle que ces recommandation sont agronomiques. Elles doivent être adaptées aux obligations réglementaires propres à chaque exploitation, notamment celles découlant de la directive Nitrates et des éventuelles dérogations locales.



