Invité de franceinfo, Dany Rochefort, vice-président de La Coopération Agricole, a alerté sur les conséquences économiques de la sécheresse et des canicules de l’été 2026, en particulier sur le coût de l’alimentation animale, et a jugé insuffisantes les aides annoncées par le gouvernement.
Selon lui, la totalité des territoires français ont été sévèrement touchés depuis fin mai. Sur certaines exploitations, la récolte de maïs destinée à l’alimentation animale a chuté de 60 à 65 %. Les éleveurs devront par conséquent acheter davantage d’aliments pour nourrir leurs animaux, ce qui alourdira leurs coûts de production dans les mois à venir. Trois ajustements sont possibles : relever les prix de vente des produits animaux, comprimer les marges des agriculteurs ou réduire les approvisionnements.
Le responsable a rappelé que, lors des négociations commerciales de début 2026, les coopératives réclamaient une hausse tarifaire d’environ 3,5 %, mais n’avaient obtenu que 0,05 % de la grande distribution. Pour La Coopération Agricole, l’alimentation ne peut pas être la seule variable d’ajustement. En Bretagne, les aides directes sont estimées par l’organisation à 4500 à 5000 € par exploitation. Dany Rochefort a également insisté sur l’épuisement des exploitants, confrontés à un doublement de la charge de travail pour préparer les prochaines campagnes et reconstituer les stocks fourragers.
Ces alertes rejoignent les chiffres du secteur de l’alimentation animale. Lors de sa conférence de rentrée du 23 septembre, le SNIA a relevé une hausse de plus de 30 % des prix et un bond de 83 000 t de la production d’aliments pour bovins entre mai et août, le manque de fourrages dopant les ventes d’aliments composés. La Fédération nationale des éleveurs de chèvres a de son côté chiffré, le 14 octobre, des surcoûts alimentaires pouvant dépasser 100 € pour 1000 litres de lait dans certains systèmes. Le déficit de pousse de l’herbe atteignait 40 % au 20 septembre, et les organisations d’éleveurs de ruminants estiment à 5,4 Md€ le coût du déficit fourrager.
Le 8 octobre, au Sommet de l’élevage, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a complété le dispositif d’urgence avec des prêts de trésorerie à taux zéro pouvant atteindre 2 Md€ d’encours, dont les premiers décaissements pourront intervenir dès 2026. L’Insee et la direction générale du Trésor évaluent par ailleurs l’impact de la sécheresse à une perte de 8 % du PIB agricole.
À quelques mois de l’élection présidentielle, La Coopération Agricole souhaite interpeller les candidats sur la compétitivité de l’industrie agroalimentaire. Pour les fabricants d’aliments comme pour les minotiers, dont les issues sont très recherchées, la pression sur les coûts d’alimentation devrait se prolonger plusieurs mois.



