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Microbiome et croissance des poulets de chair : les perspectives du Dr Alastair Thomas

Ces dernières années, la recherche sur le microbiome a connu un essor considérable dans de nombreux domaines, notamment en aviculture. Face à la pression croissante des producteurs pour optimiser les performances des volailles tout en réduisant l’utilisation d’antibiotiques, comprendre l’influence du microbiome intestinal sur la croissance des poulets de chair est devenu essentiel pour les professionnels du secteur.

Le Dr Alastair Thomas, responsable mondial de la nutrition et de la santé des volailles chez Anitox, partage son expertise sur ce sujet important.

Que signifie réellement “microbiome” lorsqu’on parle de santé et de croissance des poulets de chair ?

Il est important de faire la distinction entre le microbiome et microbiote. Le microbiote est la population – bactéries, champignons, algues – qui vit dans l’environnement. Le microbiome est l’environnement dans lequel ils vivent, incluant l’interaction avec l’hôte, les nutriments qui pénètrent dans l’oiseau et l’habitat au sens large. Le microbiome évolue selon les zones de l’oiseau et n’est pas statique. Il dépend des nutriments et du temps. Avec la croissance accélérée des poulets de chair, de l’éclosion à la transformation en seulement 42 jours, la dynamique du microbiome est extrêmement rapide, avec environ 900 espèces différentes présentes dans l’intestin.

Comment le microbiome influence-t-il l’absorption des nutriments et l’efficacité de la conversion alimentaire chez les poulets de chair ?

Trois composantes importantes interviennent en début de vie. Premièrement, la présence physique du microbiome favorise le développement des villosités et de l’épithélium intestinal, améliorant ainsi l’absorption des nutriments. Deuxièmement, le développement immunitaire : les divers défis immunitaires auxquels est confronté le jeune oiseau le rendent plus adaptable aux défis à mesure qu’il grandit. Le microbiome prépare le système immunitaire de l’oiseau à réagir de manière équilibrée. Troisièmement, la nutrition : de nombreux éléments du microbiome décomposent les glucides complexes que l’oiseau ne peut digérer lui-même, et certains produisent des substances comme l’acide butyrique qui stimulent la croissance épithéliale et fournissent de l’énergie à la paroi intestinale.

Existe-t-il des populations microbiennes spécifiques que nous devrions favoriser pour une croissance et une efficacité alimentaire optimales ?

Plutôt que de se concentrer sur les “bons” et les “mauvais” microbes, la recherche montre que la diversité et la stabilité du microbiome sont bien plus importantes que les acteurs individuels. Une large gamme d’espèces qui restent relativement stables après un certain âge est corrélée à de bonnes performances des oiseaux. Une faible diversité, souvent associée à des infections virales, des maladies ou l’utilisation d’antimicrobiens, favorise la survenue de maladies par dysbiose chez des agents pathogènes opportunistes comme E. coli.

Un microbiome sain réduit-il le besoin d’antibiotiques ?

Les antibiotiques jouent un rôle important en production en préservant le bien-être des oiseaux et en contrôlant les maladies. Cependant, de bonnes pratiques de gestion ont un impact majeur sur la santé et les performances, surpassant tout additif alimentaire ou traitement antibiotique. Une bonne gestion favorise un microbiome sain en réduisant le stress, en optimisant la composition de l’alimentation, l’environnement, la litière, sa qualité et l’hygiène du couvoir. Cela confère une résistance naturelle aux agents pathogènes. Plus les oiseaux sont bien préparés à la réussite dès leur plus jeune âge, plus ils seront résistants aux agressions au cours de leur croissance.

Comment les vétérinaires et les nutritionnistes devraient-ils collaborer pour gérer la santé intestinale ?

Les meilleurs résultats sont obtenus grâce à une communication constante entre vétérinaires et nutritionnistes. Plutôt que de travailler en vase clos, ils devraient tous deux se concentrer sur la performance globale de l’oiseau. Ils devraient discuter des changements alimentaires susceptibles de perturber le microbiome, ou des problèmes de santé intestinale observés lors des autopsies, susceptibles d’indiquer des problèmes d’alimentation ou d’environnement. Bien que nous ayons désormais accès à de nombreuses données grâce à des technologies comme le séquençage du génome entier, la question clé demeure : “Comment cela affecte-t-il mon oiseau et comment puis-je prendre des décisions en fonction de ces données ?”

Comprendre comment les différents composants du microbiome influencent l’oiseau, positivement ou négativement, est essentiel.

Alors que notre compréhension du microbiome des volailles continue d’évoluer, une chose demeure claire : établir un écosystème intestinal diversifié et stable dès le premier jour est essentiel pour une performance optimale des poulets de chair. Les 7 à 10 premiers jours de vie d’un poussin posent les bases de tout son cycle de croissance, ce qui rend les décisions de gestion précoces cruciales pour la réussite.

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