L’effet domino de la guerre en Iran est dévastateur
Voilà le résumé de David Miliband, président et directeur général de l’International Rescue Committee (IRC), à l’issue de sa visite fin mars dans la région et au Liban en particulier.
L’IRC, qui intervient dans plus de 40 pays et dans plus de 29 villes américaines pour aider les personnes touchées par des crises humanitaires à survivre, se rétablir et reconstruire leur vie. Il est basé aux États-Unis.
M. Miliband s’est rendu au Liban et en Syrie et s’est exprimé à la BBC avant son départ de l’aéroport de Beyrouth le 2 avril 2026.
“Je pense que les répercussions de la guerre en Iran sont dévastatrices, je veux dire pour toute la région du Moyen-Orient”, a-t-il déclaré aux auditeurs de la BBC au Royaume-Uni.
“Chaque pays est touché, et les pays les plus fragiles, ceux qui tentent de se relever du conflit, comme la Syrie, comme le Liban que j’ai visités, risquent d’être engloutis de manière fatale et dangereuse.
“Rien qu’ici au Liban, où je me trouve, un quart de la population – plus d’un million de personnes – a été déplacé par les derniers affrontements au cours des quatre dernières semaines.
“Plus d’un millier de personnes tuées, dont une ancienne collaboratrice à nous, avec son mari et un enfant de trois ans.
“Et le sentiment de peur et de catastrophe imminente concernant la situation est vraiment très, très important. Et juste à côté, en Syrie, ils essaient désespérément de reste à l’écart des problèmes. Ils tentent de reconstruire, mais le danger est qu’ils soient entraînés malgré eux.”
M. Miliband raconte avoir rencontré un boulanger d’un village à la frontière avec Israël. Sa boulangerie a été détruite par des bombardements en novembre 2024, lors de la dernière vague de combats. Il a ouvert une nouvelle boulangerie à Tyr, également dans le sud du Liban et sur la côte, loin de la frontière. Il a dû quitter cet endroit aussi. Sa femme lui a dit qu’ils ne savent tout simplement pas s’ils pourront un jour rentrer chez eux.
“Ils ne savent pas où est leur foyer. La crainte est que nous replongions dans un long cycle, sans bonnes options.”
M. Miliband mettait également en garde contre une crise plus large qui menace la planète. Ce qu’il appelle “une bombe à retardement de la sécurité alimentaire.”
Effets humanitaires de la crise
“Je pense qu’il est vraiment important que les gens comprennent qu’il ya trois effets humanitaires de la crise au Moyen-Orient.
“Le premier est l’impact direct sur les personnes tuées et déplacées”, dit-il.
Le second est l’impact indirect, économique, et pas seulement sur l’approvisionnement énergétique mondial. Par exemple, 30 % des engrais qui transitent par le détroit d’Hormuz “sont bloqués”, ajoute-t-il.
Et le troisième élément concerne évidemment les implications plus larges.
“Ce que nous signalons aujourd’hui, c’est qu’il ne reste en réalité que huit à dix semaines, jusqu’à la mi-juin, pour désamorcer une bombe à retardement de la sécurité alimentaire.”
“Rappelez-vous, nous sommes dans une situation où déjà 45 millions de personnes sont à des niveaux graves d’insécurité alimentaire”, a-t-il déclaré aux auditeurs de la BBC.
“Le grave danger, c’est qu’ils soient poussés au bord du gouffre.”
“Cela ne peut pas être la fin”.
Lorsqu’on lui a demandé si les gens devaient avoir peur, il a déclaré à Nick Robinson, le journaliste politique britannique de la BBC : “Je suis une personne très optimiste, et j’essaie de le rester, mais je pense que le véritable défi existe au niveau mondial. De la sécurité alimentaire au climat, en passant par des questions économiques plus larges, il y a de bonne raisons de s’inquiéter sérieusement de ce que l’avenir nous réserve.
“Dependant, ce que je dis toujours après cela, c’est qu’il y a plus de ressources pour faire le bien qu’à n’importe quelle autre époque de l’histoire humaine, et malheur à nous si nous manquons cette opportunité.”



