La perturbation du transport maritime dans le détroit d’Hormuz a plongé cette semaine le commerce mondial des céréales dans la crise, alors que les principales compagnies suspendent le transit à la suite de l’éclatement d’un conflit ouvert en Asie de l’Ouest, bloquant des cargaisons vitales de riz, de blé et d’orge à destination de la région du Golfe. Les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran samedi, tuant son Guide supreme. L’Iran a riposté par une vague d’attaques contre Israël et des bases militaires américaines dans toute la région.
La sécurité des équipages et des cargaisons est devenue la priorité immédiate, entraînant des changements opérationnels majeurs. Hapag-Lloyd a suspendu tous les transits de navires par le détroit d’Hormuz jusqu’à nouvel ordre, invoquant la “fermeture officielle du détroit d’Hormuz (SOH) par les autorités compétentes dans le contexte de l’évolution de la situation sécuritaire”. L’entreprise a averti que les services desservant les ports du Golfe arabique “pourraient subir des retards, des détournements ou des ajustements d’horaires”.
CMA CGM a pris des mesures encore plus larges. L’armateur a ordonné à tous les navires à l’intérieur du Golfe et à destination du Golfe “de se mettre à l’abri” avec effet immédiat. Point crucial pour les expéditions de céréales entre l’Europe/l’Asie et le Moyen-Orient, CMA CGM a suspendu le passage par le canal de Suez jusqu’à nouvel ordre, les navires étant détournés par le cap de Bonne-Espérance. Maersk a également annoncé qu’elle détournerait ses navires autour du cap de Bonne-Espérance plutôt que de risquer le transit par le canal de Suez, ajoutant des milliers de kilomètres et des retards importants aux expéditions de céréales de l’Europe et de la mer Noire vers les marchés asiatiques.
Dans une évolution aux conséquences graves pour les cargaisons agricoles périssables et spécialisées, CMA CGM a également interrompu toutes les réservations de conteneur frigorifiques (reefer) à destination en provenance d’un large éventail de pays d’Asie de l’Ouest et de la mer Rouge, dont l’Irak, Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabisés unis, l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Égypte. Cela aura un impact direct sur les expéditions de marchandises sensibles à la température telles que certaines semences, des ingrédients spécialisés et des aliments transformés.
Sarah Powell, directrice associée des services de fret aérien chez Baxter Freight, un spécialiste indépendant de la logistique basé au Royaume-Uni a déclaré : “La situation évoluant rapidement au Moyen-Orient crée d’importantes perturbations tant sur les réseaux de fret maritime qu’aérien. Avec le détroit d’Hormuz désormais fermé aux navires commerciaux et la congestion qui s’accroit dans les principaux hubs régionaux, de nombreux transporteurs sont contraints de détourner leurs itinéraires par des routes maritimes beaucoup plus longues, comme le cap de Bonne-Espérance. Cela allonge considérablement les temps de transit et conduit à l’introduction de nouvelles surtaxes, les transporteurs absorbant des coûts d’exploitation plus élevés.”
Une chaîne d’approvisionnement mondiale fragile
Une part importante des flux mondiaux de riz, de blé et d’orge dépendant de ces points de passage, et les coûts d’assurance et de fret s’envolant, les prochains jours mettront à l’épreuve la résilience des importateurs alimentaires à travers l’Asie de l’Ouest et au-delà. La situation de perturbation du transport maritime dans le détroit d’Hormuz reste très évolutive, les transporteurs, assureurs et négociants s’efforcent d’évaluer les risques et de protéger leurs actifs.



