Alors que s’est tenu le Congrès Européen de la Meunerie accueilli par la France, le 5 juin 2026 à Marseille, l’ANMF (Association Nationale de la Meunerie Française) publie sa Fiche Statistique, qui présente l’état des lieux du secteur. Les données confirment la rôle stratégique de la meunerie française dans la souveraineté alimentaire nationale, tout en mettant en lumière les défis majeurs de compétitivité auxquels ses acteurs sont confrontés.
L’ANMF rappelled que la souveraineté alimentaire ne peut être garantie sans une filière meunière compétitive, capable d’investir et d’innover face à une concurrence internationale de plus en plus intense.
“La filière blé farine pain est une filière sûre et de qualité, qui porte le savoir-faire de tous les acteurs. Ne l’oublions pas face à cette concurrence accrue”, déclare Jean-François Loiseau, président de l’ANMF.
Une production stable, une rentabilité fragilisée
En 2025, la meunerie française consolide sa place de 2e producteur européen, derrière l’Allemagne, avec 3,95 millions de tonnes de farine produites à partir de blé 100 % français. Ce résultat confirme la robustesse de l’outil industriel national malgré un contexte économique tendu.
Le chiffre d’affaires du secteur recule cependant pour la deuxième année consécutive, à 1,84 milliards d’euros, et sa rentabilité reste deux fois inférieure à la moyenne des industries agroalimentaires, avec un taux de résultat courant plafonnant historiquement entre -0,8 % et +2,3 %.
La pression grandissante des importations
Les farines importées représentent désormais 11 % de la consommation française, soit 420 000 tonnes, fournies à plus de 80 % par le duo Allemagne-Belgique. À l’inverse, les exportations françaises de farine s’essoufflent et tombent à 204 000 tonnes.
Un appel à la reconquête de la compétitivité
Face à ce constat alarmant, partagé par Annie Genevard, Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Jean-François Loiseau affirme que la reconquête de la compétitivité de la filière est essentielle. Elle passe selon lui par une énergie électrique accessible un arrêt de l’inflation réglementaire et une simplification des démarches administratives qui pèsent sur les entreprises souhaitant investir et se développer.
“Les conférences de la souveraineté doivent être l’occasion de libérer les énergies”, conclut-il, appelant également à un accompagnement renforcé des entreprises qui exportent et s’engagent dans la décarbonation du secteur.



