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Résilience du secteur meunier ukrainien : un témoignage marquant au Congrès Européen de la Meunerie 2026

À l’occasion du Congrès Européen de la Meunerie, organisé du 4 au 6 juin 2026 à Marseille à l’invitation de l’Association Nationale de la Meunerie Française (ANMF), Konstantin Ignatenko, dirigeant des Moulins de Kiev, est intervenu pour dresser un état des lieux de la filière meunière ukrainienne, durement éprouvée par plus de quatre années de guerre.

Son intervention a offert aux participants un éclairage rare et direct sur les conditions d’exploitation d’un secteur stratégique évoluant en zone de conflit, entre destructions matérielles, ruptures logistiques et nécessité de maintenir coûte que coute l’approvisionnement du pays en farine.

Une production en net recul depuis 2022

Selon les chiffres présentés par l’Union des Meuniers d’Ukraine (Union Millers of Ukraine), la production nationale de farine s’établit aujourd’hui autour de 2,3 millions de tonnes par an, contre 3,1 millions de tonnes en 2021, soit un repli d’environ 30 %. Ce recul traduit l’ampleur de l’impact du conflit sur l’ensemble de la chaine de valeur meunière de la collecte du grain jusqu’à la transformation industrielle.

Les premiers mois de l’invasion ont été particulièrement destructeurs pour l’outil industriel : sur les 678 moulins que comptait le pays avant le début du conflit, environ 200 ont été détruits ou endommagés, illustrant la vulnérabilité des infrastructures agroalimentaires face aux frappes et aux combats.

Une filière qui s’adapte pour tenir

Depuis 2022, la situation s’est néanmoins stabilisée, l’Ukraine parvenant à maintenir en activité 466 moulins malgré un contexte logistique et énergétique extrêmement contraint. Cette stabilisation témoigne, selon Konstantin Ignatenko, de la capacité d’adaptation des industriels ukrainiens face à un environnement opérationnel durablement dégradé.

Face aux coupures de courant récurrentes, de nombreux sites de production se sont équipés de générateurs électriques afin d’assurer la continuité de leur activité — une adaptation présentée comme l’un des principaux facteurs de résilience du secteur, aux côtés de la réorganisation des circuits d’approvisionnement et du redéploiement de la production vers les sites restés opérationnels.

Un enjeu suivi de près par la filière française

Cette intervention a suscité un vif intérêt parmi les participants au Congrès, réunissant experts, décideurs publics et dirigeants d’entreprises de la meunerie européenne, soucieux de mieux comprendre les évolutions d’un partenaire commercial de plus en plus présent sur le marché européen.

Elle intervient alors que les échanges de farine entre l’Ukraine et la France ont fortement progressé ces dernières années, dans un contexte plus large de discussions sur l’intégration de l’Ukraine à l’Union européenne — un sujet identifié par l’ANMF comme l’un des défis de compétitivité majeurs pour la meunerie française dans les années à venir.

Organisé chaque année par l’Association européenne des meuniers, le Congrès rassemble les acteurs clés du secteur meunier à l’échelle européenne autour des grandes tendances et enjeux de la filière. L’édition 2026 s’est tenue à Marseille, à l’invitation de l’Association Nationale de la Meunerie Française (ANMF).

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