Le Syndicat national de l’industrie de la Nutrition Animale (Snia) et la Coopération Agricole Nutrition Animale (LCA NA) publient aujourd’hui leur lettre mensuelle de conjoncture, faisant état d’une progression de 3,2 % des fabrications françaises d’aliments composés pour animaux entre mars 2025 et mars 2026.
Cette dynamique intervient après plusieurs mois marqués par une pression sanitaire soutenue sur les filières d’élevage, et confirme une amélioration progressive des conditions de production sur l’ensemble du territoire.
Une croissance portée par l’amélioration du contexte sanitaire
Cette hausse s’explique en grande partie par la moindre pression des épizooties qui avait pesé sur le secteur au cours des mois précédents. La situation sanitaire s’est nettement améliorée sur plusieurs fronts, tant pour la filière avicole que pour la filière bovine. Concernant l’influenza aviaire hautement pathogène, le ministère de l’Agriculture a abaissé le niveau de risque épizootique à “négligeable” sur l’ensemble du territoire métropolitain, une décision motivée par l’amélioration de la situation sanitaire dans l’avifaune sauvage, tant en France que chez les États membres voisins.
S’agissant de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, aucun nouveau foyer n’a été détecté en France depuis le 2 janvier 2026, un répit bienvenu après les 117 foyers recensés dans onze départements à la suite de l’apparition de la maladie en Savoie fin juin 2025. Ce reflux des contraintes sanitaires permet aux filières d’élevage de retrouver progressivement des marges de manœuvre en matière d’approvisionnement et de production.
Un contexte de prix des matières premières sous surveillance
Les deux organisations rappellent toutefois que cette dynamique de production intervient dans un contexte de tension sur les prix des matières premières entrant dans l’alimentation animale. L’indice des prix des matières premières (IPAA) a connu une progression notable depuis février 2026, tendance qui s’est poursuivie dans une moindre mesure les mois suivants. Cette évolution s’inscrit dans le sillage de la hausse du prix du pétrole liée au contexte géopolitique au Moyen-Orient. Le renchérissement du pétrole se répercute sur les matières premières agricoles, notamment via les filières de biocarburants, devenues des découpes alternatifs attractifs en période de tension pétrolière.
Une filière qui reste mobilisée sur ses enjeux de compétitivité
Le Snia et LCA NA réaffirment que indicateurs positifs ne doivent pas occulter les défis structurels du secteur. La rentabilité économique reste historiquement faible et continue de limiter les capacités d’investissement des 287 usines du territoire, dans un contexte où la modernisation de l’outil industriel demeure un enjeu majeur.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que la filière estime devoir augmenter sa production de 1,2 % par an jusqu’en 2030 pour répondre aux besoins de la souveraineté alimentaire française, un objectif qui suppose des investissements soutenus malgré des marges contraintes.



