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Avril et l’État investissent 70 millions d’euros supplémentaires pour poursuivre le redressement d’Eurolysine

Le groupe Avril annonce la signature d’un accord avec l’État pour investir 70 millions d’euros supplémentaires au capital d’Eurolysine, société codétenue par Avril (55 %) et Bpifrance (45 %). Cet apport de capitaux vise à assurer la continuité d’activité du site industriel d’Amiens (Somme), dans un contexte de concurrence internationale jugée déloyale.

Eurolysine est le dernier producteur européen d’acides aminés par fermentation destinés à l’alimentation animale – lysine, tryptophane et valine notamment. Depuis plusieurs mois, l’entreprise fait face à une dégradation sévère de ses conditions de marché, résultat d’une stratégie commerciale offensive menée par les producteurs chinois aujourd’hui leaders mondiaux du secteur.

Une filière sous pression

La surproduction chinoise a entraîné un effondrement des prix : depuis 2024, le cours de la lysine a chuté d’environ 30 % et celui du tryptophane de près de 60 % en une seule année. Les droits antidumping mis en place par l’Union européenne se sont révélés insuffisants, et une nouvelle enquête antidumping a été rouverte fin avril à la demande d’Eurolysine.

Un financement partagé

L’augmentation de capital de 70 millions d’euros conserve la structure actionnariat actuelle : Avril apporte environ 38,5 millions d’euros, l’État – via le fonds French Tech Souveraineté de Bpifrance – complète l’opération à hauteur d’environ 31,5 millions d’euros. Cet apport intervient un peu moins de deux ans après la reprise d’Eruolysine par Avril en juillet 2024, avec le soutien de l’État.

Depuis cette reprise, l’entreprise a triplé sa production, atteignant désormais 100 000 tonnes d’acides aminés par an, tout en élargissant son portefeuille clients et ses effectifs.

Un enjeu de souveraineté alimentaire

Pour Avril comme pour l’État, ce nouvel investissement doit permettre de gagner du temps pendant que se poursuit la mobilisation, en France et au niveau européen, pour mettre fin aux pratiques commerciales déloyales chinoises. Les deux actionnaires soulignent le caractère stratégique du site d’Amiens pour la sécurisation des approvisionnements des filières d’élevage européennes.

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