Le 17 octobre dernier, Intercéréales a organisé un voyage de presse au Mans pour présenter et expliquer la relation entre la filière française céréale et l’élevage. Au programme de ce voyage une présentation du secteur de l’alimentation animale en France, puis deux visites avec tout d’abord l’usine Huttepin (Groupe LDC) puis l’élevage de volailles à Étival-lès-le-Mans.
Parmi les intervenants :
- M. Cholat, président du SNIA (Syndicat National de l’Industrie de la Nutrition Animale).
- Stéphane Landreau, Directeur de Huttepain Aliments.
- Mathieu Pacton, Responsable achats de Huttepain Aliments.
- Stéphane Radet, Directeur du SNIA.
- Jérémy Parmentier, Commercial des établissements Jeusselin.
- Yann Nedelec, Directeur d’ANVOL (Interprofession de la volaille de chair).
- Julien Leballeur, Éleveur de Volailles à Etival-lès-le Mans.
L’alimentation animale, un pont entre végétal et animal
Le secteur de la nutrition animale est un pont entre productions végétales et animales. Les fabricants d’aliments pour les animaux d’élevage utilisent une grande diversité de matières premières : céréales entières (blé, maïs, orge), protéagineurx (pois, féveroles), coproduits de la filière céréalière (sons, drêches), de la filière des oléo protéagineux (tourteaux de soja, de colza ou de tournesol), des filières agroalimentaires (écarts de production des biscuiteries, sucre…) ou encore des fourrages comme la luzerne et des ingrédients spécifiques comme les vitamines, oligoéléments, minéraux… Une très grande majorité d’ingrédients est issue des production agricoles françaises.
La disponibilité et la qualité de ces matières premières permettent aux entreprises du secteur de fournir tous les élevages avec des aliments élaborés sur mesure intégrant à la fois les attentes des éleveurs, les critères requis par les filières animales et les consommateurs.
En 2023/24, cette proportion représente plus de 9Mt de blé, de maïs et d’orge fourragère mais aussi d’avoine, seigle sorho et triticale, sur une production de céréales d’environ 60Mt en France. En consommant la plupart des coproduits de transformation des céréales (sons issus de la meunerie, drêches de brasserie, produits d’amidonnerie…) le secteur s’ancre dans l’économie circulaire et répond à un objectif zéro déchet.
Ensemble, les filières animales et végétales en France relèvent le défi de la souveraineté alimentaire.
En 2023, l’industrie de la nutrition animale en France a produit 19,1 millions de tonnes d’aliments composés pour les animaux (dont 7,8Mt pour la filière volailles, 5,4Mt pour les bovins et 4,6Mt pour les porcs). 73 % des matières premières utilisées par les fabricants d’aliments composés sont d’origine française.
Les principaux élevages nourris par le secteur de l’alimentation animale sont les élevages de volailles (avec 4,4Mt de céréales utilisées en 2023), les élevages porcins (2,2Mt) et les élevages bovins (1,7Mt). Le secteur nourrit néanmoins plus largement d’autres types d’élevages : chevaux, ovins, caprins, escargots, ainsi que les poissons.
La fabrication d’aliments composés en France a connu une baisse de 14 % en 20 ans. 2023 a été une année historiquement basse, avec 19,1 millions de tonnes d’aliments composés produits. Particulièrement impacté ces trois dernières années par les arrêts de production des filières avicoles pour lutter contre la propagation de l’influenza aviaire, le secteur constate un début de rattrapage de sa production en 2024.
La filière de la nutrition animale est organisée et implantée au cœur des territoires
Le secteur de l’alimentation animale est pleinement intégré au sein d’une filières se composant de différents acteurs : producteurs, coopératives, négoces, fabricants d’aliments du bétail (coopératives ou privés) et éleveurs.
L’alimentation animale en France représente 192 groupe, 294 usines partout en France, 15 000 emplois générant un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards d’euros. Avec 19,1Mt d’aliments produits en 2023, la France est le 3e producteur européen d’aliments pour animaux, après l’Espagne et l’Allemagne.
Partenaires des filières françaises, les entreprises de l’alimentation animale ont développé de multiples circuits d’approvisionnement de proximité : les céréales récoltées aux alentours sont privilégiées afin de favoriser la qualité des ingrédients dans les rations et l’économie lcoale.
Cette dynamique s’illustre aussi lors des livraisons : l’aliment est souvent fabriqué “à la commande” et livré immédiatement. Le maillage territorial renforce cette proximité et contribue à la réduction des émissions de CO2. Pour ses approvisionnements en matières premières, le secteur travaille au développement de modes de transports alternatifs à la route comme le train ou la péniche.
Les enjeux de la nutrition animale
Les trois organisations professionnelles du secteur de la nutrition animale (le SNIA, l’AFCA-CIAL et la Coopération Agricole Nutrition Animale) ont établi en mai dernier, un plan sectoriel “pour une nutrition animale décarbonée et compétitive” dans le cadre du plan gouvernemental de reconquête de la souveraineté française sur l’élevage. Ce plan met en lumière les priorités de la filière, détaillé en 5 volets :
- Gagner en efficience par la nutrition de précision – L’objectif consiste à optimiser les ressources et la performance zootechnique en améliorant l’efficience alimentaire. Cela implique d’ajuster les apports nutritionnels en temps réel, de s’adapter à des matières premières variables, et de développer une alimentation adaptée à chaque élevage pour réduire les impacts environnementaux et améliorer la compétitivité économique.
- Œuvrer pour la compétitivité des filières d’élevage – Ce volet vise à renforcer la compétitivité des filières d’élevage en assurant un accès sécurisé à des intrants diversifiés, en optimisant les processus et la logistique, et en soutenant l’exportation des produits avec un savoir-faire associé.
- Décarboner et réduire les impacts environnementaux – Il s’agit de réduire les émissions de gaz à effet de serre en décarbonant les outils industriels, les transports et les aliments composés. Cela passe par l’optimisation des processus, la réduction des impacts environnementaux des intrants, l’apport de solutions nutritionnelles et l’accompagnement des élevages dans la décarbonation.
- Contribuer à la santé et au bien-être animal – Ce volet vise à développer et faciliter l’accès au marché des solutions nutritionnelles pour maintenir les animaux en bonne santé et réduire l’usage de traitements médicamenteux. Il inclut également des mesures de biosécurité pour préserver les élevages des agents pathogènes.
- Nourrir les animaux pour nourrir la population en diversité et en qualité – L’ambition est de garantir un haut niveau de sécurité sanitaire des aliments livrés en élevage, d’améliorer par l’alimentation la qualité nutritionnelle des denrées alimentaires d’origine animal et d’accompagner les filières dans toutes leurs diversités pour répondre aux attentes des consommateurs.



