Un défi mondial croissant
par le Dr Insaf Riahi, Directrice technique globale, BIONTE
Le changement climatique, déjà considéré comme une “urgence climatique” ou une “crise climatique”, s’avère être un danger majeur pour la sécurité des aliments et des aliments pour animaux dans le monde entier, selon l’Unité des risques émergents de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). En effet, le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit que les températures mondiales pourraient augmenter jusqu’à 4,8°C d’ici 2100. Ainsi, le changement climatique entraîne une évolution des schémas de contamination par les mycotoxines dans les céréales, telles que le blé ou le maïs. Un aspect clé pour la sécurité alimentaire, soulignant l’importance d’appliquer de bonnes pratiques agricoles et des conditions de stockage adéquates.
Le défi des mycotoxines
Les mycotoxines sont des métabolites secondaires de faible poids moléculaire produitsp ar des champignons spécifiques, principalement Aspergillus spp., Fusarium spp. et Penicillium spp., dans certaines conditions d’humidité et de teméprature.
Les mycotoxines représentent une soruce de préoccupation mondiale majeure en raison de :
- Leur présence abondante dans les principaux produits alimentaires et aliments pour animaux, tels que les céréales.
- Leur grande stabilité chimique lors de la transformation des aliments et des aliments pour animaux.
- Leur effet potentiellement négatif sur la santé animale et humaine.
Le défi du changement climatique
Le changement climatique est un défi mondial, en particulier pour l’agriculture. En raison des émissions de gaz à effet de serre, des changements de température, de la répartition des précipitations (y compris des événements extrêmes tels que les inondations et les sécheresses) et des niveaux d’humidité sont observés.
Ces changement varient selon le scénario et la région, mais les changements génériques peuvent être observés dans le Tableau 1.
Ces changements directs des variables climatiques influencent également le développement des cultures, les infections fongiques et la formation de mycotoxines.
Changement climatique et mycotoxines
L’impact du changement climatique devrait augmenter la présence de mycotoxines dans les aliments destinés à l’homme et aux animaux. Bien que l’impact du changement climatique varie selon les régions, l’augmentation attendue des précipitations et des températures dans certaines régions pourrait entraîner des conditions climatiques plus favorables pour Fusarium spp. en Europe. En revanche, les périodes de sécheresse plus fréquentes et prolongées attendues pourraient stimuler la production d’aflatoxines par Aspergillus flavus, tant avant qu’après la récolte.
Les modèles de prédiction peuvent être mécanistes ou empiriques. Elles sont généralement basées sur les conditions météorologiques (température, précipitations et humidité relative). D’après la littérature, des modèles quantitatifs d’incidence des mycotoxines dans les céréales avant récolte ont été rapportés sur la base de scénarios de changement climatique ou de données climatiques à long terme dans différentes régions.
Essentiellement, les études se sont concentrées sur les mycotoxines produites par le genre Fusarium (déoxynivalénol/zéaralénone) dans le blé et le riz, ou les aflatoxines dans le maïs.
Les résultats rapportés par ces modèles étaient généralement assez similaires, dans la mesure où toutes les études montrent une augmentation des mycotoxines dans les grains de céréales avec le changement climatique.
Mesures de prévention applicables
Il existe différentes stratégies pour appliquer de bonnes pratiques agricoles avant la récolte et ainsi prévenir l’augmentation des mycotoxines dans les champs en raison du changement climatique :
- Sélectionner une variété de céréales avec une période de floraison adaptée au climat local.
- Utiliser une autre variété de céréales plus résistante aux infections fongiques.
- Si les modèles prévoient que la présence de mycotoxines sera extrêmement élevée à l’avenir dans une certaine région, il peut être décidé d’introduire des cultures alternatives dans cette région.
Cependant, le défi de la réduction des mycotoxines est un grand défi qui, par ailleurs, a motivé l’analyse de celles-ci dans les matières premières, les aliments pour animaux et les aliments. Ainsi, cette surveillance constitue un soutien fondamental à l’utilisation de produits anti-mycotoxines, la solution la plus efficace pour atténuer les effets négatifs de ces toxines sur la santé et la production animales.
Mesures futures
L’analyse des scénarios de changement climatique est fortement recommandée pour approfondir les études quantitatives afin de comprendre les différences régionales dans les impacts du changement climatique sur la production de mycotoxines dans les céréales et ainsi rechercher des moyens de s’adapter à ces perturbations climatiques.
Parmi les mesures possibles à prendre à l’avenir, l’utilisation de modèles prédictifs serait utile, voire obligatoire, pour guider l’adaptation au changement climatique et garantir que les niveaux de mycotoxines dans les grains restent en dessous des limites légales pour les matières premières, les aliments pour animaux et les produits dérivés, ainsi que pour préserver la sécurité des aliments pour animaux et des produits alimentaires. Par ailleurs, l’utilisation de produits anti-mycotoxines plus efficaces, accompagnée d’un service technique pour mesurer les niveaux de contamination, sera essentielle pour atténuer les effets négatifs.
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