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Le débat en ligne sur le lait; Bovaer est-il un additif sûr ?

par Joy (Jyothsna) Nelloolichalil, Milling and Grain

Une vague de controverse a éclaté sur les médias sociaux, certains utilisateurs britanniques protestant contre l’essai par Ayla Foods d’un additif alimentaire réduisant le méthane, le Boaver, en versant du lait dans les éviers et les toilettes. Ayla, la plus grande coopérative laitière du Royaume-Uni, qui fait partie de la société nano-suédoise Arla Foods, a annoncé fin novembre que 30 de ses exploitations participeraient à l’essai. Bovaer, créé par dsm-firmenich, prétend réduire les émissions de méthane chez les vaches de 30 à 45 % lorsqu’il est ajouté en petites quantités à leur alimentation.

L’essai est soutenu par les principaux supermarchés britanniques, dont Tesco, Morrisons et Aldi, qui stockeront du lait produit par des vaches ayant consommé l’additif. Le méthane, un puissant gaz à effet de serre, est principalement libéré lors de la digestion des vaches, qui décomposent des fibres dures comme l’herbe. Le Bovaer agit en supprimant les enzymes responsables de la production de méthane dans l’estomac. La National Farmers Union (NFU) assure que l’additif est entièrement métabolisé et n’apparaît pas dans le lait ou la viande.

Malgré ces affirmations, des utilisateurs en ligne ont fait part de leurs inquiétudes quant à la sécurité de Bovaer, certains citant des problèmes liés à ses ingrédients. Le député britannique réformiste Rupert Lowe a même demandé au gouvernement de procéder d’urgence à un examen de cet additif.

Retombées des médias sociaux

L’annonce du procès Boaver, le 26 novembre, a suscité des réactions immédiates et divergentes en ligne. Le message d’Ara sur les réseaux sociaux annonçant son partenariat avec Tesco, Aldi et Morrisons a recueilli près de six millions de vues et des milliers de commentaires au début du mois de décembre. Selon la BBC, les mentions de Bovaer sur X (anciennement Twitter) sont passées de presque zéro à plus de 71 000 en quelques jours.

Si certains utilisateurs ont exprimé de réelles inquiétudes quant à la sécurité de l’additif, d’autres ont associé l’essai à des théories du complot plus larges. Nombre de ces utilisateurs avaient l’habitude de partager des contenus anti-vaccins et contre elle changement climatique.

Inquiétudes concernant la composition et la sécurité de Bovaer

Les critiques se sont concentrées sur les composants du Bovaer, qui comprennent le dioxyde de silicium, le propylène glycol et le composé organique synthétique 3-nitrooxypropanol (3-NOP). L’année dernière, un rapport de l’agence britannique des normes alimentaires (FSA) a signalé que le 3-NOP était potentiellement corrosif pour les yeux, irritant pour la peau et nocif s’il était inhalé par les personnes qui le manipulaient. Certains agriculteurs ont hésité à utiliser l’additif en raison de ces problèmes de sécurité.

Cependant, dsm-firmenich a défendu le produit en soulignant ses évaluations de sécurité rigoureuses et ses approbations par les organismes de réglementation au Royaume-Uni, dans l’UE, en Australie, au Canada et aux États-Unis. L’entreprise précise que le Bovaer est incorporé dans les aliments à raison d’un gramme pour 20 kilogrammes d’aliments, ce qui garantit une utilisation sûre et efficace.

Natasha Smith, directrice adjointe de la politique alimentaire du Royaume-Uni, a rappelé que le Bovaer avait fait l’objet d’une évaluation approfondie dans le cadre de la procédure d’autorisation de mise sur le marché de la FSA.

En outre, dsm-firmenich a démenti les allégations d’implication de Bill Gates dans le développement de Bovaer, répondant ainsi aux théories de conspiration qui circulent sur les médias sociaux.

Malgré les réactions négatives, l’essai représente une étape importante dans la lutte contre les émissions de méthane, qui contribuent fortement au réchauffement de la planète, dsm-firmenich note que l’utilisation de Bovaer pourrait réduire les émissions de CO2e d’une tonne par vache laitière chaque année, ce qui souligne son rôle potentiel dans la réduction de l’empreinte environnementale de l’agriculture.

Alors que le débat se poursuit, les résultats de l’essai pourraient façonner l’avenir de l’élevage laitier durable au Royaume-Uni et au-delà.

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