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Global Grain Geneva 2025

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Global Grain Geneva 2025

Les meuniers partagent une vision prospective des marchés de la farine

Lors de Global Grain Geneva 2025, l’un des événements les plus influents au monde pour les céréales et les matières premières agricoles, le secteur de la minoterie a été mis à l’honneur lors de la session “Le point de vue des meuniers : défis et perspectives du marché de la farine”.

Le panel a réuni deux voix complémentaires : Scott Wellcome, directeur de la gestion des risques céréaliers chez GoodMills Group GmbH, Allemagne, et Fabien Varagnac, consultant indépendant en meunerie chez Grains & Flour Insights, France. La discussion était animée par Namik Kemal Parlak, rédacteur en chef du magazine Miller.

La session a offert une perspective rare du côté de la demande sur la façon dont les meuniers naviguent dans l’environnement complexe d’aujourd’hui, où les marchés semblent cales en surface, mais où la volatilité demeure sous-jacente.

Prix stables – risques persistants

M. Wellcome a ouvert la session en notant que, bien que les prix du blé semblent actuellement stables, les facteurs sous-jacents de la volatilité restent bien présents. Les chocs climatiques, les tensions géopolitiques, les interventions gouvernementales et les droits de douane continuent de façonner le paysage des risques. Il a souligné que le maintien de la discipline dans la gestion des risques est essentiel, même lorsque la volatilité semble atténuée.

Les achats des meuniers deviennent plus sophistiqués

M. Varagnac a souligné une évolution constante dans la manière dont les meuniers achètent le blé. Contrairement à la croyance répandue selon laquelle des prix bas encouragent les achats opportunistes au comptant, les achats deviennent de plus en plus techniques et axés sur les données. Les meuniers appliquent une approche du coût d’utilisation, reliant le coût rendu au rendement de mouture et à la performance en boulangerie.

Deux origines avec des prix similaires peuvent générer des différences allant jusqu’à 2 % dans le rendement économique, ce qui représente 6 à 7 USD par tonne de farine – un impact significatif sur les marges.

L’optionnalité est devenue un élément central des stratégies d’approvisionnement. Les meuniers mélangent différentes origines – le blé français pour la stabilité et de bonnes propriétés de mouture, le blé balte offrant cette saison une teneur en protéines de 13,5 % à un prix compétitif, et le blé canadien fournissant des options de protéines rentables.

L’arbitrage évolue constamment à mesure que les primes et les conditions de qualité changent. Les variations annuelles de l’élasticité, de l’équilibre protéique et de la stabilité font du mélange multi-origines un outil de plus en plus précieux, surtout lorsque les prix sont relativement bas et proches les uns des autres.

Le rôle de l’Afrique dans les flux commerciaux mondiaux

L’Afrique subsaharienne (ASS) est apparue comme un point de discussion majeur. Avec une consommation de blé ayant augmenté de plus de 30 % au cours de la dernière décennie – sous l’effet de la démographie, de l’urbanisation et de l’évolution des habitudes alimentaires – l’ASS est devenue un moteur central de la demande mondiale. Avec une dépendance aux importations de 80 %, la région influence fortement les flux commerciaux en raison de sa production locale limitée.

Les marchés d’Afrique de l’Ouest et de l’Est sont très élastiques : de petites différences de coût d’utilisation peuvent rapidement modifier les préférences d’origine. Dans le même temps, la fiabilité de l’exécution, l’accès au financement et les relations à long terme avec les fournisseurs pèsent souvent autant que le prix dans les décisions d’achat.

Évolution de la demande de farine en Europe

M. Wellcome a noté que, bien que la consommation globale de farine en Europe soit relativement stable, la composition des produits évolue. La demande se déplace veers les farines complètes, fonctionnelles, les céréales anciennes, ainsi que les produits biologiques et enrichis. Bien que ces segments ne soient pas encore de masse en termes de volume, ils redéfinissent progressivement le paysage meunier européen et encourageant les moulins à diversifier et innover pour répondre aux attentes changeantes des consommateurs.

Tendances mondiales redéfinissant le secteur de la meunerie

M. Varagnac a identifié trois tendances structurelles qui transforment l’industrie mondiale de la meunerie :

  • Consolidation : des groupes meuniers plus grands et plus efficaces continuent d’émerger à l’échelle mondiale.
  • Intégration verticale : les meuniers s’étendent de plus en plus vers la boulangerie, les pâtes, les biscuits et d’autres chaînes de valeur à base de farine.
  • Diversification des produits : la concurrence croissante pousse les moulins à développer des gammes de farines plus différenciées et adaptées, plutôt que de se reposer uniquement sur les qualités standards.

Ces tendances illustrent comment le secteur va au-delà de la production traditionnelle de farine pour s’orienter vers des marchés plus spécialisés et à plus forte valeur ajoutée.

Numérisation et IA : la prochaine frontière

Les deux intervenants ont souligné l’impact croissant des outils numériques sur la performance des moulins. Les jumeaux numériques, le contrôle des processus en temps réel, l’automatisation et les premières applications de systèmes d’aide à la décision soutenus par l’IA commencent à entrer dans les opérations courantes.

Bien que l’adoption reste progressive, le potentiel pour stabiliser la production, améliorer le rendement et gérer la variabilité des matières premières est considérable. Cependant, la préparation des données et l’inertie culturelle demeurent des obstacles majeurs à une adoption généralisée.

La session à Global Grain Geneva a souligné un message clair : la meunerie moderne devient plus technique, plus axée sur les données et de plus en plus interconnectée avec les dynamiques du commerce mondial.

Les meuniers ne sont plus de simples acheteurs passifs : ils ont des acteurs stratégiques qui façonnent les flux internationaux de blé grâce à des modèles d’approvisionnement axés sur la qualité, flexibles et numérisés.

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