par Dr Mahmoud Riyad, secrétaire général, Egyptian Milling Association, Égypte
La General Authority for Supply Commodities (GASC), affiliée au ministère égyptien de l’approvisionnement, a affirmé qu’elle était prête à réexporter du blé russe vers les pays voisins si Moscou mettait en place un centre de distribution logistique global dans la région du canal de Suez.
Le GASC a déclaré à l’agence de presse russe Novosti que l’Égypte pourrait augmenter ses achats de blé russe et réexporter ensuite du blé et d’autres céréales vers les pays voisins si un centre de distribution logistique était établi dans la zone économique du canal de Suez.
L’Autorité prévoit que le centre logistique de la zone économique servira de plaque tournante pour le stockage et le commerce du blé et d’autres céréales non seulement en Égypte et dans la région arabe mais aussi en Afrique du Nord et de l’Est, comme l’a rapporté la plateforme russe “RT”.
En ce qui concerne l’ampleur de l’impact sur l’Égypte de la suspension par la Russie de son accord sur les céréales, le ministère a déclaré que “l’Égypte, comme d’autres pays importateurs, est affectée par la hausse et les fluctuations des prix mondiaux de blé.”
Selon le ministère, l’Égypte a signé un contrat d’achat de 360 000 tonnes de blé russe le 2 août pour renforcer son stock stratégique, les expéditions étant prévues entre le 1er et le 10 septembre.
Il convient de noter que l’accord sur les céréales a été initié par Ankara et qu’il inclut la Russie, l’Ukraine et les Nations unies.
L’accord stipule que la Russie autorise l’exportation de céréales ukrainiennes par le biais d’un corridor humanitaire ouvert par la flotte russe en mer noire, à condition que les céréales et les engrais russes aient accès au marché.
La Russie demande la suppression des restrictions occidentales sur ses exportations d’engrais, d’huiles et de produits agricoles en échange de l’extension de l’accord sur les céréales, qui a été renouvelé le 17 juillet.
Le GASC a déclaré être particulièrement intéressé par l’approvisionnement en blé en provenance des États-Unis, du Canada, de la France, de la Bulgarie, de l’Australie, de la Pologne, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Il est ouvert à différentes variétés de blé meunier provenant de ces pays ainsi que de Roumanie, de Russie, d’Ukraine, de Serbie, de Hongrie, du Paraguay et du Kazakhstan.
L’Égypte avait déjà conclu un accord de 1,5 milliard de dollars US avec l’ITTFC en janvier afin de garantir le financement des produits énergétiques et des importations de matières premières essentielles du pays.
L’Égypte devrait importer 12 millions de tonnes de blé au cours de l’année fiscale 2023/24, selon un rapport de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture du 1er juillet.
Avec une consommation annuelle de 18 millions de tonnes de blé, dont 12 millions sont importées sur la base des chiffres de 2022, l’Égypte vise à atténuer les perturbations des chaînes d’approvisionnement alimentaire mondiales et la tendance à la hausse des prix des matières premières en encourageant les agriculteurs à augmenter leurs livraisons de blé au gouvernement.
L’inflation égyptienne est montée en flèche pour atteindre un nouveau records, les coûts de consommation étant désormais de plus en plus à la merci de la volonté des autorités de permettre à la livre de s’affaiblir à nouveau.
La croissance des prix dans les zones urbaines du pays s’est accélérée pour atteindre un taux annuel de 37,4 % en août contre 36,5 % le mois précédent, selon les chiffres publiés dimanche par l’agence de statistiques CAPMAS. Sur une base mensuelle, l’inflation était de 1,6 %, contre 1,9 % en juillet.
Une augmentation de 71,4 % du coût des denrées alimentaires et des boissons, le plus grand composant du panier de l’inflation, a été un facteur important de la hausse des prix du mois dernier.
L’inflation a été supérieure à 30 % pendant la majeure partie de l’année, ce qui constitue un défi pour les décideurs politiques de ce pays d’Afrique du Nord, qui est sous pression pour autoriser une plus grande flexibilité du taux de change afin de débloquer la prochaine tranche du prêt de 3 milliards de dollars du Fonds Monétaire International.
Le FMI a retardé le premier examen du programme de sauvetage de l’Égypte, qui devait être achevé en mars, car il attend que les autorités mettent en œuvre des réformes. Les autorités doivent constituer des réserves de change suffisantes pour gérer une nouvelle dépréciation probable.



