par Nathanael Hodge, au nom de Mills Archive Trust, Royaume-Uni
La guerre des Boers entre l’Empire britannique et les républiques boers a éclaté à la suite de conflits liés aux mines d’or en Afrique du Sud. Le déclenchement de la guerre, le 11 octobre 1899, a suscité une vague de patriotisme à travers le Royaume-Uni, et de nombreux civils se sont engagés pour aller combattre. Les meuniers n’ont pas été épargnés, et les images et récits de nombreux meuniers militaires ont été publiés dans le journal The Miller entre 1899 et 1900.
Ces extraits de lettres envoyées à sa famille par le soldat Edward Evans, originaire de Soar Lane Mills, dans le Leicestershire, donnent un compte rendu saisissant de la vie pendant la marche :
7 avril 1900. On m’a confié la responsabilité de trois sentinelles, ce qui est mieux que de monter la garde seul. J’ai bien dormi cette nuit, même si je me suis réveillé environ dix fois. Nous sommes à Lombards Kop, la pente est raide comme un angle de 45°. J’ai très mal au dos, car nous construisons des parapets en pierre depuis deux jours et nous sommes de garde depuis trois nuits. C’est un travail très dur.
J’ai toujours très soif, mais cela ne sert à rien de boire l’eau saumâtre, le jus de citron vert, le thé ou le café, nous n’avons presque rien. J’ai pris un bon dîner depuis mon arrivée et je me nourris désormais de lait concentré quand j’en trouve, ce qui n’est pas très souvent, et ems réserves de graisse ne tiendront pas longtemps. Je dois m’arrêter maintenant et essayer de dormir quelques heures avant qu’il ne fasse trop froid. Je n’ai dormi que deux fois dans une tente en trois semaines.
8 avril. Nous avons presque traversé la saison des pluies; ils sont très stricts sur la ponctualité et la discipline. Pendant la marche, le réveil sonne à 3 heures du matin et tout doit être chargé sur les chariots à bœufs, le petit-déjeuner doit être pris en une heure, puis le travail de la journée doit être terminé à 9 heures. À ce moment-là, c’est une véritable torture de marcher avec tout notre équipement, qui pèse environ 100 livres, soit les munitions, le manteau, la chemise et les chaussettes avec le pull enroulé à l’intérieur, la gourde, le sac à dos et le fusil. La première journée de marche a mis 39 de nos hommes hors de combat. Le sol était poussiéreux et le terrain escarpé sur tout le trajet. Nous n’avons parcouru qu’une quinzaine de kilomètres. À la fin de la journée, ils n’ont pas monté de tentes et il a plus pendant la nuit, si bien que le lendemain matin, nous étions tous trempés. J’ai bien mangé, mais un ou deux avaient l’air de rats noyés qui avaient été piétinés. Les rations du gouvernement : un biscuit pour chien, sans les restes de viande, du bœuf en conserve, du café et du thé contenant presque autant de sable !
11 avril. Nous avons soudainement été déplacés de huit miles plus loin, au moment le plus chaud de la journée. Nous sommes tous affamés, nous n’avons mangé que du pain et un peu de confiture depuis le petit-déjeuner d’hier. Le régime draconien peut-être efficace, mais je préfèrerais avoir une indigestion, nous y sommes habitués. Il n’y a qu’une maison déserte à notre arrivée, mais l’eau est difficile à trouver partout.
La guerre des Boers prit fin le 31 mai 1902. Bien que la Grande-Bretagne soit sortie victorieuse, la guerre a suscité des critiques internationales pour la politique de la terre brûlée utilisée pour priver les forces boers de leurs approvisionnements en détruisant leurs récoltes, leurs fermes, etc. Les femmes et les enfants sans abri ont ensuite été parqués dans des “camps de refuge” mal gérés, où des milliers d’entre eux sont morts de maladie et de malnutrition. Ces événements ont suscité l’indignation et le débat au sein de la Grande-Bretagne, entraînant une montée du sentiment anti-impérialiste. Avec le recul, cette guerre peut être considérée comme marquant à la fois l’apogée et le début du déclin de l’Empire britannique.



