Perspectives mondiales du grain en hausse malgré les risques d’approvisionnement
Le conflit au Moyen-Orient a suscité des inquiétudes quant aux risques pesant sur les chaînes d’approvisionnement agricoles, en particulier en ce qui concerne la hausse des coûts des engrais et du carburant. Le détroit d’Hormuz, qui relie le golfe Persique à la mer d’Arabie, est une voie maritime essentielle, assurant environ 25 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. La région est également un centre clé pour la production et le commerce d’engrais, représentant jusqu’à 35 % des exportations mondiales d’urée et environ 30 % des expéditions d’ammoniac.
En l’absence de stocks stratégiques et dans un contexte de contraintes affectant les fournisseurs alternatifs, les récentes perturbations du transport maritime et la fermeture de certaines installations de production locales ont entraîné une forte hausse des prix des engrais. Le conflit a également mis en lumière les vulnérabilités régionales en matière de sécurité alimentaire. En moyenne, environ 2 millions de tonnes de céréales, d’oléagineux et de produits connexes transitent chaque mois par le détroit d’Hormuz. Bien que cela ne représente qu’environ 3 % du commerce mondial total, les pays du golfe Persique dépendent fortement des importations, avec dans cas une consommation par habitant relativement élevée de blé et de riz.
Les prévisions de production mondiale totale de céréales (blé et céréales secondaires) pour 2025/26 ont été relevées de 10 millions de tonne d’un mois sur l’autre, atteignant 2470 millions de tonnes, principalement en raison de révisions à la hausse pour le maïs, y compris en Inde, et pour le blé en Russie et en Australie. Une grande partie de cette augmentation de l’offre devrait être absorbée par une consommation plus élevée, révisée à la hausse de 8 millions de tonnes pour atteindre 2423 millions de tonnes, tandis que les stocks mondiaux sont également ajustés à la hausse à 632 millions de tonnes. Cependant, en raison d’une baisse prévue de superficies récoltées et des rendements, la production mondiale totale de céréales devrait diminuer de 2 % en 2026/27.
La production mondiale de soja pour 2025/26 est désormais estimée à 426 millions de tonnes, en baisse de 2 millions de tonnes par rapport au mois précédent en raison de prévisions plus faibles pour le Brésil et l’Inde, et légèrement inférieure à l’année précédente. Des réduction mineures correspondantes ont été apportées aux estimations de consommation et de stocks. À l’avenir, une production mondiale record est provisoirement prévue pour 2026/27. Avec des approvisionnements abondants, la transformation devrait atteindre un nouveau sommet, tandis que les stocks augmenteraient légèrement. Les volumes d’échanges pourraient croitre de 2 %, soutenus par les flux d’expédition entre l’Amérique du Sud et l’Asie.
Les perspectives mondiales du riz pour 2025/2§ évoluent peu, avec des échanges attendus à un niveau record de 59,5 millions de tonnes, en hausse de 2 %. Sur la base de modestes augmentations des superficies plantées et des rendements tendanciels, la production mondiale devrait atteindre un nouveau sommet en 2026/27. La consommation et les échanges devraient également atteindre de nouveaux records, tandis que les stocks mondiaux devraient croître, principalement en raison de l’accumulation en Inde.
Avec 2470 millions de tonnes, la production mondiale totale de céréales en 2025/26 devrait atteindre un niveau record, en hausse de 143 millions de tonnes sur un an, comprenant des augmentations significatives pour le maïs (+79 millions de tonnes), le blé (+44 millions de tonnes) et l’orge (+11 millions de tonnes). Bien que la consommation soit également prévue à un nouveau sommet, en hausse de 73 millions de tonnes, l’augmentation substantielle de l’offre devrait permettre une reconstitution des stocks à un niveau record de six ans, soit 632 millions de tonnes, en hausse de 47 millions de tonnes. Porté par des flux accrus de blé et de maïs, le commerce total pourrait atteindre 632 millions de tonnes, soit une augmentation annuelle de 25 millions de tonnes.
La production mondiale de blé et de céréales secondaires devrait diminuer en 2026/27, avec une production totale estimée à 2417 millions de tonnes, soit 53 millions de tonnes de moins que le record de la saison précédente.
Soutenue par une forte demande en provenance d’Asie, le commerce mondial du soja devrait atteindre un nouveau sommet en 2025/26, les exportateurs sud-américains représentant une grande part des volumes. Avec les augmentations prévues des superficies plantées chez les principaux exportateurs, la superficie mondiale récoltée devrait se redresser en 2026/27, portant la production à un record de 442 millions de tonnes, en hausse de 4 %. Comme la croissance de l’offre correspond globalement à la demande croissante, les stocks globaux devraient rester largement inchangés d’une année sur l’autre, tandis que le commerce devrait atteindre un sommet de 190 millions de tonnes, en hausse de 2 %.
Après une année de production et de consommation record, la production mondiale de riz devrait encore augmenter en 2026/27. La croissance démographique en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud devrait entraîner une consommation plus élevée, soutenant une nouvelle expansion du commerce qui devrait atteindre un nouveau sommet de 60,9 millions de tonnes, en hausse de 2 %.
Après avoir atteint un record en 2025/26, la production mondiale de fèves devrait légèrement diminuer en 2026/27. Cependant, la demande devant continuer à augmenter, notamment en Afrique du Nord, les stocks pourraient se resserrer. Le commerce en 2027 est provisoirement estimé à 1,3 million de tonnes, globalement stable d’une année sur l’autre et supérieur à la moyenne, soutenu par les expéditions vers l’Afrique du Nord, l’Europe et le Proche-Orient.



