par Ana García, Sustell™ Manager pour l’Europe du Sud et l’Afrique, dsm-firmenich Animal Nutrition and Health
La durabilité dans l’agriculture est souvent décrite par les “trois P” : les Personnes, la Planète et le Profit. Cette triade permet de répondre de manière responsable aux besoins actuels et futurs de la population. Pour la production porcine, la surveillance de l’environnement est primordiale, en particulier au niveau de l’exploitation, où se produisent la plupart des émissions. Plus précisément, 80 % de l’empreinte carbone est générée dans les exploitations, les aliments pour animaux et la nutrition contribuant à 70 % de ce total. La réduction de l’impact environnemental de l’élevage porcin commence par la compréhension et la prise en compte de ces principaux facteurs.
L’accent mis sur la durabilité découle également de la sensibilisation croissante des consommateurs et de la demande de produits respectueux de l’environnement. Pour les producteurs, c’est l’occasion d’aligner leurs activités sur les attentes du marché tout en garantissant la conformité à la réglementation, en particulier dans les régions où les directives environnementales sont strictes.
Facteurs contribuant à l’impact sur l’environnement
L’alimentation et la nutrition influencent considérablement l’empreinte carbone de la production porcine. La culture, la transformation et le transport des matières premières pour l’alimentation animale échappent au contrôle direct des agriculteurs peuvent toutefois prendre des mesures pour optimiser l’efficacité de l’alimentation et l’utilisation des nutriments. L’amélioration de la teneur en nutriments et de la digestibilité des aliments permet de réduire les déchets et d’améliorer la croissance des animaux. L’utilisation efficace des nutriments minimise également la charge environnementale en réduisant le volume d’aliments non digérés excrétés par les animaux. Les enzymes jouent un rôle crucial dans la décomposition des composants des aliments et dans l’amélioration de l’absorption des nutriments. Par exemple, les enzymes ciblant le phosphore et les protéines améliorent leur digestibilité, réduisant ainsi les déchets e les émissions associées.
La gestion du fumier est un autre aspect essentiel. Une bonne gestion permet de réduire les émissions telles que l’ammoniac et l’oxyde nitreux, ce qui répond aux préoccupations en matière d’eutrophisation et de gaz à effet de serre. La mise en œuvre de systèmes permettant d’améliorer le stockage et le traitement du fumier peut atténuer considérablement les incidences sur l’environnement.
La consommation d’énergie, bien qu’elle soit moins importante (environ 4 %), peut encore être optimisée. L’amélioration de l’efficacité énergétique, en particulier dans les régions où les besoins en chauffage sont importants, peut faire la différence. L’adoption de sources d’énergie renouvelables et de technologies d’économie d’énergie est un moyen supplémentaire de réduire cet impact.
Les émissions indirectes liées à la production de porcelets, y compris les taux de reproduction et de mortalité, influencent considérablement l’empreinte environnementale des exploitations d’engraissement. Ces émissions en amont soulignent l’importance d’améliorer la productivité et de réduire la mortalité tout au long de la chaîne de valeur.
Innovations nutritionnelles
Pour concevoir des aliments efficaces, il faut d’abord comprendre le profil nutritionnel des matières premières. Les travaux approfondis de l’entreprise sur les calibrations dans le proche infrarouge (NIR) permettent une analyse précise des nutriments et l’optimisation des régimes alimentaires. Cela permet de s’assurer que chaque composant de l’aliment contribue à la croissance de l’animal et minimise les déchets. L’application d’enzymes est l’une des stratégies les plus efficaces pour une production porcine durable. Ces catalyseurs biologiques améliorent la digestibilité des nutriments et réduisent leur excrétion. Par exemple, l’amélioration de la digestion du phosphore minimise les déchets et réduit les risques de contamination de l’eau.
La contamination des aliments par les mycotoxines pose des problèmes importants pour la santé et les performances des animaux. Les solutions qui neutralisent ces toxines permettent aux animaux de rester en bonne santé et productifs. Les formes avancées de vitamine D favorisent le métabolisme du calcium et du phosphore, ce qui est essentiel pour la santé des os et la croissance globale des animaux. En améliorant l’absorption des nutriments, ces innovations contribuent également à réduire les déchets environnementaux.
Ces innovations permettent d’utiliser de nouvelles matières premières qui pourraient autrement être sous-utilisées en raison de leur disponibilité en nutriments, créant ainsi des options d’alimentation rentables et durables. En outre, elles ouvrent de nouvelles possibilité d’incorporation de matières non alimentaires, réduisant ainsi la concurrence avec les sources d’alimentation humaine.
Mesurer et gérer l’impact
L’outil d’évaluation de l’impact environnemental de l’entreprise fournit aux producteurs de porcs des données précises sur leur empreinte carbone et d’autres paramètres environnementaux. Certifié par des normes tierces (ISO 14040 et 14044), cet outil évalue les émissions de référence et modélise les résultats d’interventions potentielles. Grâce à cet outil, les producteurs peuvent identifier les domaines clés à améliorer en matière d’alimentation, de nutrition et de gestion du fumier, mettre en œuvre des stratégies ciblées pour optimiser les performances environnementales et économiques, modéliser des scénarios pour prévoir l’impact environnemental et économique des changements potentiels, et réduire l’empreinte carbone de 3 à 7 % rien qu’en réformant l’alimentation.
Cet outil permet aux producteurs d’explorer les avantages environnementaux de différentes formulations alimentaires et pratiques de gestion, en veillant à ce que les interventions s’alignent à la fois sur les objectifs de durabilité et sur la rentabilité.
Parvenir à la durabilité
Contrairement aux idées reçues, l’adoption de pratiques durables ne nécessite pas nécessairement des investissements plus importants. Des innovations telles que les régimes enrichis en enzymes et les formulations optimisées d’aliments pour animaux peuvent réduire les émissions tout en améliorant la productivité, ce qui permet d’obtenir des résultats neutres en termes de coûts, voire de réaliser des économies. En outre, l’amélioration de la productivité se traduit par une réduction des émissions par kilogramme de viande produite. L’amélioration des performances des animaux et la réduction de la mortalité diminuent l’impact global de l’exploitation sur l’environnement.
Des stratégies telles que l’utilisation d’outils d’évaluation de l’impact sur l’environnement pour identifier et mettre en œuvre des interventions à fort impact soutiennent encore davantage cet alignement des objectifs. L’utilisation de nouveaux ingrédients pour l’alimentation animale, facilitée par des applications enzymatiques avancées, réduit également la dépendance à l’égard des matières premières traditionnelles, dont beaucoup sont en concurrence directe avec les chaînes d’approvisionnement de l’alimentation humaine. Il s’agit d’un scénario gagnant-gagnant pour la durabilité environnementale et la sécurité alimentaire mondiale.
Résistant et rentable
L’industrie porcine se trouve à un moment charnière où la responsabilité environnementale n’est plus facultative mais essentielle. Les outils et les stratégies disponibles aujourd’hui permettent aux producteurs des changements significatifs sans sacrifier la rentabilité. Qu’il s’agisse d’enzymes de formulations alimentaires innovantes ou d’outils d’évaluation avancés, les possibilités d’une production porcine durable sont à portée de main.
L’engagement en faveur de la durabilité ne concerne pas seulement la réduction des émissions, mais aussi la construction d’une industrie résiliente et économiquement viable. En adoptant des solutions telles que l’optimisation de l’alimentation, la gestion des nutriments et la surveillance précise de l’environnement, les producteurs peuvent atteindre un équilibre entre rentabilité et durabilité.



