Vous vous souvenez du vieil adage “NIMBY”, “Not in my backyard” ?
Ce terme remonte aux années 1980 aux États-Unis et au Royaume-Uni, où il était utilisé dans le contexte de l’urbanisme, des infrastructures et, au Royaume-Uni, de l’emplacement des centrales nucléaires.
Eh bien, au cours du mois dernier, nous avons rapporté sur nos réseaux sociaux et dans ce magazine la fermeture de la seule minoterie d’Islande.
Depuis que nous avons appris cette nouvelle, nous nous interrogeons sur l’impact et les conséquences d’une telle décision et nous nous demandons si elle a été motivée par des considérations commerciales ou par de réelles préoccupations environnementales.
Tous les pays ne disposent pas d’une industrie meunière et, par le passé, un grand nombre de pays, notamment en Afrique, n’en avaient pas. Ceux qui n’en ont toujours pas dépendent de la farine importée de pays comme la Turquie, qui produisent spécifiquement pour eux.
Au fil du temps, avec l’amélioration de la situation économique et des investissements les gouvernements et l’industrie de nombreux pays se sont associés pour investir dans des capacités de minoterie afin d’améliorer la sécurité alimentaire de leurs populations, sur la base des prix mondiaux des céréales. Grâce à leur industrie meunière, ces pays bénéficient désormais d’un choix plus large de denrées alimentaires, notamment en ce qui concerne les types de farine nécessaires à la boulangerie. Par exemple, les boulangeries peuvent utiliser entre cinq et quinze types de farines différentes pour la gamme de produits qu’elles fabriquent quotidiennement.
Les importations de farine restent limitées et vulnérables aux fluctuations de prix dans les pays qui ne disposent pas de moulins. Il faut également tenir compte de la durée de conservation. Compte tenu de l’instabilité du contexte commercial, entre guerres et droits de douane, il n’est pas impossible que la dépendance à l’égard des importations farine ait, de temps à autre, une incidence sur le prix du pain et des produits de boulangerie. Le pain et les produits de boulangerie peuvent rapidement devenir inabordables pour les consommateurs.
Pourquoi alors un pays comme l’Islande, avec ses 400 000 habitants, a-t-il choisi de ferme son unique moulin à farine ?
S’agit-il simplement d’une décision commerciale ?
C’est la question que nous avons posée à la société Lifland, propriétaire et exploitante du moulin à farine Kornax, qui affirme catégoriquement que sa proposition de construire un moulin moderne pour remplacer l’ancien à l’expiration de son bail dans le port de Reykjavik n’était pas “symbolique”, mais visait à garantir la production de farine et d’aliments pour animaux pour l’île dans un avenir prévisible.
La décision de ne pas accorder le permis de construire pour le nouveau moulin était motivée par le risque que celui-ci compromette la qualité de l’air !
En fin de compte, la farine devra désormais être importée de plus de 2000 km, avec toutes les conséquences que cela implique, telles qu’un choix plus limité, une dépendance à des livraisons régulières à travers la mer du Nord et une existence précaire pour un aliment de base. Une conséquence imprévue sera l’augmentation des produits protéiques d’origine animale, car l’ancienne minoterie produisait des sous-produits indispensables à la fabrication d’aliments pour animaux, qui devront désormais être importés.
Nous posons la question suivante : à qui incombe la responsabilité de déterminer l’approvisionnement alimentaire et la sécurité alimentaire d’un pays ?
Les pays, c’est-à-dire leurs gouvernements, doivent-ils chercher à fournir autant que possible des denrées alimentaires au niveau local ou adopter une politique visant à accroître leur autosuffisance ? Ou bien la sécurité alimentaire d’une population doit-elle être laissée entre les mains d’organisations commerciales et aux caprices des seuls négociants ?
La question fondamentale que soulève la décision islandaise est la suivante : “L’environnement doit-il être plus important que la sécurité alimentaire ?” Si oui, pour protéger notre environnement, devons-nous accepter qu’il y ait inévitablement un niveau acceptable de pénurie alimentaire et de pauvreté alimentaire due à la hausse des prix ?
L’Islande dispose peut-être des ressources nécessaires pour subventionner le coût des denrées alimentaires pour sa production en cas de besoin. Les pays du Moyen-Orient dépendent des importations alimentaires depuis des décennies, mais malgré leur richesse, ils souhaitent eux aussi développer leur autonomie alimentaire.
L’Islande ne fait-elle que déplacer la pollution atmosphérique prévue par une nouvelle usine vers un autre pays, en l’occurence le Danemark ? Si tel est le cas, s’agit-il d’un cas extrême de syndrome de “not in my backyard” ou de “greenwashing” ?
Bühler introduit l’IA, tout comme Wenger et Extru-Tech
Une révolution est en marché, déclenchée par la nature concurrentielle des entreprises qui fournissent à notre industrie les équipements les plus efficaces, les plus modernes et les plus futuristes.
La dernière offre nous propulse à toute vitesse dans le monde de l’IA, et quel meilleur domaine que la qualité des céréales que nous sélectionnons pour les transformer en produits alimentaires sûrs pour accueillir cette évolution ?
Oui, l’IA a été intégrée au trieur optique, qui ne se limite plus au simple tri par couleur et par forme.
J’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Melvyn Penna, chef de produit chez Bühler Sortex, au sujet du lancement du Sortex Ai700. Tout est question de données et de l’utilité de ces données pour améliorer la prise de décision pour chaque grain qui passe dans la machine.
J’ai été stupéfait d’apprendre que 99 % du tri des grains sélectionnés peut être effectué en un seul passage. Il s’agit là d’une avancée phénoménale qui témoigne du potentiel de l’IA pour l’avenir de notre secteur.
Par ailleurs, Wenger et Extru-Tech nous expliquent que leur solution exploite la puissance de l’IA grâce à la technologie TwinThread pour améliorer le processus de production de leurs extrudeuses.
Il y a trop d’éléments et de fonctionnalités importantes dans ce numéro pour que je puisse tous les mentionner ici. Prenez le temps de découvrir ce premier numéro spécial qui marque le début de l’été dans l’hémisphère nord. Bonne lecture !



