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Le secteur privé stimule les importations de blé et les exportations de farine

par Mahmoud Riyad, secrétaire général, Egyptian Milling Association, Égypte

En mars 2025, un rapport du FAS estimait les importations totales de blé pour 2025/26 à 13 millions de tonnes, avec une part importante provenant de Russie. Au cours des cinq dernières campagnes de commercialisation, les plus grands fournisseurs de blé meunier étaient la Russie (34,6 millions de tonnes), l’Ukraine (10,4 millions de tonnes) et l’UE (9,64 millions de tonnes).

L’Égypte a importé 3,3 millions de tonnes métriques ™ de blé entre juillet et septembre 2025 – soit 626 000 tm de moins que la même période l’année précédente, selon les données des négociants. Les analystes de S&P Global Commodity Insights prévoient des importations totales de blé de 13,2 millions de tm pour la saison 2025/26, soit une légère augmentation par rapport aux 12,9 millions de tm de la saison précédente, en accord avec une consommation intérieure estimée à 20,2 millions de tm.

Au fur et à mesure de l’avancement de la nouvelle saison, la demande d’importation devrait se renforcer en octobre, soutenue par une livre égyptienne en reprise après un mois de septembre morose. Durant cette période, les prix départ usine nationaux étaient plus compétitifs, offrant une remise de 8 USD/tm par rapport au blé importé. Les offres CIF Égypte pour du blé à 12,5 % de protéines étaient entendues à 252/253 USD/tm, contre 255 USD/tm pour les chargements de novembre, tandis que les taux de fret de la Russie vers l’Égypte sont passés de 23 USD/tm à 21 USD/tm pour les navires de taille intermédiaire. Selon Platts, qui fait partie de S&P Global Commodity Insights, l’indice du blé meunier pour les chargements de novembre était évalué à 231 USD/tm le 7 octobre.

Depuis juillet, l’Égypte a importé 2 millions de tonnes de blé de Russie, en baisse par rapport à 2,58 millions de tonnes en 2024. En revanche, la part de l’Ukraine a fortement augmenté pour atteindre 1 million de tonnes en 2025, contre 334 000 tonnes un an plus tôt, alors que le pays chercher à étendre sa présence sur les marchés en Afrique et au Moyen-Orient, dans un contexte de restrictions de quotas de l’UE.

La Roumanie et la Bulgarie, autrefois grands fournisseurs, ont connu une forte baisse – passant de 822 000 tonnes en 2024 à seulement 149 000 tonnes cette année. Les acteurs du marché ont également signalé des achats limités de blé français par l’État durant la période juillet/août, lorsque les prix de la mer Noire étaient relativement élevés.

L’Égypte, premier importateur mondial de blé, connaît un changement majeur dans le paysage de ses importations de céréales, alors que les acteurs du secteur privé étendent considérablement leur présence sur le marché. Selon S&P Global Commodity Insights, les entreprises privées ont augmenté leur part des importations de blé à 75,8 % depuis le début de la campagne actuelle en juillet, tandis que la part de l’État est tombée à 24 % – son niveau le plus bas depuis vingt ans. Cette transformation marque un rééquilibrage historique dans un commerce traditionnellement dominé par les entités publiques.

Depuis le 6 décembre, Mostakbal Misr, l’agence d’État désormais responsable des importations publiques de blé, a modifié les méthodes d’achat traditionnelles de l’Égypte. Remplaçant la General Authority for Supply Commodities (GASC), l’agence s’approvisionne désormais en blé directement auprès d’entreprises égyptiennes locales et de fournisseurs internationaux sur une base privée, s’éloignant ainsi du système d’appels d’offres publics en place depuis longtemps.

Cependant, les négociants ont exprimé des inquiétudes concernant cette nouvelle approche. “Mostakbal Misr manque encore d’expérience dans le commerce international. Si les performances de l’agence continuent ainsi, je pense qu’à l’avenir le secteur privé prendra en charge la majorité des importations de blé”, a déclaré un négociant basé au Caire, s’adressant à S&P Global Commodity Insights.

Les contrats de blé révélés au marché le mois dernier concernaient des volumes compris entre 500 000 et 600 000 tonnes pour des arrivées tout au long de septembre et octobre en provenance de la région de la mer Noire, principalement de Russie, le pays a depuis réservé du blé supplémentaire lors de transactions privées en provenance notamment de Roumanie, de France, de Bulgarie, d’Ukraine et du Kazakhstan pour des livraisons en octobre, novembre et décembre. Environ 250 000 tonnes de la première tranche ont déjà été déchargées dans les ports égyptiens.

L’achat auprès du Kazakhstan est la première transaction de ce type en plus de 15 ans, marquant un changement unique dans l’approvisionnement alors que l’Égypte cherche à diversifier ses importations. Le Kazakhstan, pays enclavé qui expédie principalement ses céréales via les ports russes de la mer Noire, est de plus en plus considéré comme une alternative stratégique pour l’origine du blé face à la multiplication des perturbations mondiales de l’approvisionnement.

La consommation totale devrait augmenter en 2025/26 en raison d’une hausse de la consommation alimentaire, semencière et industrielle (FSI). La croissance du FSI est principalement due à l’augmentation de la population, qui devrait passer de 107 millions à 124 millions d’habitants d’ici 2030. Le pays compte également environ 10 millions de migrants.

Au cours des huit premiers mois de 2025, le secteur privé représentait 69 % du total des importations de blé, grâce à l’amélioration des conditions économiques et à des prix plus compétitifs sur le marché international, ce qui a accru les marges. Depuis le début de la camapgne le 1er juillet, les entreprises privées ont encore augmenté leur part de marché à environ 76 %, tandis que la part de l’État a chuté à 24 % du total des importations. Traditionnellement dominé par les entités publiques, c’est la première fois en plus de 20 ans que la participation du secteur privé dans le commerce du blé en Égypte augmente aussi fortement.

Au cours des trois dernières années, le secteur privé a progressivement augmenté sa part de marché des importations de blé, parallèlement à l’augmentation de la production de farine de blé destinée à l’exportation vers les marchés régionaux en Afrique et au Moyen-Orient, ainsi qu’à la distribution aux boulangeries et cafés nationaux produisant des produits de qualité à base de farine.

Les exportations de farine de blé en 2025/26 sont estimées à 1,7 million de tonnes (équivalent blé), soit une augmentation de 20 %, selon le FAS. L’Égypte est un fournisseur clé de farine pour de nombreux pays africains et du Moyen-Orient et a augmenté ses exportations vers la région, notamment dans les pays ayant connu des conflits et une interruption de leurs capacités de production, selon le FAS.

Les principales destinations au cours des cinq dernières années ont inclus le Soudan, l’Érythrée, le Yémen, la Somalie, Djibouti, la Syrie et les Autorités palestiniennes.

“En plus de l’augmentation de la capacité de mouture, l’Égypte a pu accroître ses exportations grâce à des prix compétitifs et à la proximité géographique de ces pays”, a déclaré le FAS.

Le passage à l’exportation de farine de blé est également influencé par l’évolution des dynamiques régionales. De nombreux pays voisins disposant d’infrastructures de mouture limitées en raison de conflits ou d’instabilité économique dépendent de la farine égyptienne pour répondre à leurs besoins alimentaires de base. Avec un meilleur accès aux devises étrangères et un rebond de la demande des consommateurs, les producteurs de farine égyptiens sont bien placés pour se développer.

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