HomeColonnesL'évolution de la sécurité alimentaire avec Kade McConville #4

L’évolution de la sécurité alimentaire avec Kade McConville #4

Récemment, quelque chose a attiré mon attention : Andre Esteves, fondateur de la société brésilienne BTG Pactual, surnommée la “Goldman Sachs des tropiques”, mise gros sur la croissance explosive du Brésil, qui pourrait devenir l’un des principaux exportateurs de produits agricoles. Il est particulièrement enthousiaste à propos des routes commerciales entre l’Amérique latine, l’Asie et l’Afrique. Comme le suggère le nom de cette chronique, je m’intéresse depuis longtemps au monde de l’alimentation, tant sur le plan personnel que professionnel. Pour beaucoup d’entre nous, la nourriture que nous mangeons est essentielle beaucoup d’entre nous, la nourriture que nous mangeons est essentielle à notre culture et à nos relations avec nos amis et notre famille. Mais la croissance démographique mondiale soulève la question de savoir comment nous allons nourrir le nombre toujours croissant de bouches que notre planète doit nourrir.

M. Esteves estime que d’ici 20 ans, le Brésil fournira pas moins de 80 % de la nourriture mondiale. Depuis de nombreuses années, la forêt amazonienne brésilienne est connue comme le “poumon de la planète”. Si M. Esteves a raison, il semble que le pays pourrait bientôt devenir également “l’estomac du monde”.

Les populations en forte croissance qui devront être nourries sont principalement présentes dans les pays du Sud, en particulier en Asie et en Afrique. Cette mégatendance démographique devrait entraîner un développement accru des chaînes d’approvisionnement et des routes d’exportation entre les pays du Sud. Le commerce entre les pays du Sud a augmenté régulièrement ces dernières années, ce qui est favorable à la croissance économique, à l’emploi et, en fin de compte, au niveaud e vie.

Mais à mesure que le vision d’Esteves se concrétise, le transport de grandes quantités de produits agricoles deviendra un défi majeur en matière de biosécurité. De la récolte au transport, jusqu’à leur destination finale, les cultures devront être protégées de manière efficace contre les parasites. L’écosystème local du Brésil, d’importance mondiale est radicalement différent des biotopes complexes et uniques d’Asie et d’Afrique. L’augmentation massive du commerce. agricole le long de ces routes augmente de manière exponentielle le risque de fuite de parasites envahissants. Cela peut rapidement devenir une menace importante pour la biodiversité locale.

Cela rend bien sûr les traitements phytosanitaires, y compris la fumigation, encore plus importants dans la chaîne d’approvisionnement qu’ils ne le sont déjà. Les solutions traditionnelles doivent être réexaminées afin de vérifier leur efficacité et leur adéquation dans des conditions climatiques très différentes et face à de nouveaux types de ravageurs. L’utilisation actuelle repose trop souvent sur des données insuffisantes et l’application aléatoire d’une variété de traitements génériques, ce qui compromet leur efficacité réelle. Les effets cumulatifs de toute pollution devront également être examinés en tenant compte des quantités plus importantes, ainsi que de l’empreinte carbone des différents traitements, dans un contexte où les émissions liées au transport font l’objet de rapports de plus en plus nombreux.

Il est clair que certains gouvernements du Sud l’ont déjà compris. L’Afrique du Sud en est un excellent exemple. Le mois dernier, elle a approuvé un nouveau fumigant respectueux de l’environnement pour le traitement des importations de bois, après avoir déjà enregistré l’année dernière un autre produit alternatif destiné à la chaîne d’approvisionnement de la minoterie et des céréales. Les autorisations sont accompagnées d’instructions d’application claires et pertinentes, étayées par des données de recherche précises.

L’Afrique du Sud prend des mesures importantes pour renforcer sa biosécurité sans compromettre la planète. D’autres pays du Sud, en particulier les plus grands importateurs et exportateurs mondiaux de denrées alimentaires, de céréales et d’autres produits de première nécessité, devraient en prendre bonne note !

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